Homo sapiens

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Homo sapiens, communément dénommé humain ou être humain, est une bipède de la des hominidés ( des primates), seul membre du Homo qui existe actuellement. On désigne fréquemment l'espèce entière sous le nom dhumanité, et on peut aussi employer le terme Homme (avec une majuscule) pour parler des caractères généraux de l'espèce, sans distinction entre les sexes. Son mode de dépla
Homo sapiens

Homo sapiens, communément dénommé humain ou être humain, est une bipède de la des hominidés ( des primates), seul membre du Homo qui existe actuellement. On désigne fréquemment l'espèce entière sous le nom dhumanité, et on peut aussi employer le terme Homme (avec une majuscule) pour parler des caractères généraux de l'espèce, sans distinction entre les sexes. Son mode de déplacement complètement bipède libère ses membres supérieurs qu'il utilise pour manier son environnement. Il est doté d'un cerveau très complexe et capable d'abstraction, de communication et d'introspection à des niveaux inégalés par les autres espèces évoluants sur la planète Terre. Il est remarquable par l'importance de l'aménagement de son territoire, sa culture et la complexité potentiellement infinie des outils qu'il utilise qui permettent de pallier ses limitations physiques.

Appellation

Le terme homme (avec une minuscule) désigne l'individu mâle de l'espèce. L'individu femelle est, quant à lui, dénommé femme. Cependant, alors que l'on parle de musée de l'Homme, on parlera des droits de l'homme (au Canada, on parle plutôt de « droits de la personne »). Cette ambiguïté se retrouve aussi dans plusieurs dictionnaires, qui font parfois abstraction de la majuscule pour désigner l'être humain.

Nom scientifique

Le nom Homo sapiens relève de la terminologie scientifique introduite par Carl von Linné, élaborée pour sa classification systématique des espèces : la dénomination binomiale. La dénomination scientifique complète de l'espèce humaine est, suivant cette terminologie: :::::::
Homo sapiens, Linné 1758. La signification des différents éléments de cette dénomination est la suivante :
- Homo est un mot latin au nominatif (avec majuscule et en italique, ) qui signifie Homme en français. Il désigne ici le genre biologique.
- sapiens est un adjectif latin (avec minuscule et italique), qui signifie en français : intelligent, sage, raisonnable ou encore prudent. Il désigne ici l'espèce.
- Linné est le nom du scientifique qui a nommé et décrit l'espèce.
- 1758 est l'année de l'appellation. Toutefois, en pratique, en zoologie, le nom et l'année sont rarement précisés. Jusqu'en 2003, l'espèce Homo sapiens était subdivisée en deux groupes distincts, considérés comme deux sous-espèces, dont l'une était l'espèce humaine actuelle, et l'autre, une espèce cousine éteinte, celle de l'Homme de Néandertal. La conséquence terminologique a été de rajouter un adjectif, toujours latin (et en italique), après le nom d'espèce. C'est ainsi que l'espèce humaine était appelée Homo sapiens sapiens. Bien que souvent encore entendue, cette terminologie n'est plus en vigueur pour la majorité des scientifiques. En effet, n'étant pas une terminologie constitutive, mais référentielle, elle est le réceptacle évolutif qui reflète l'état des connaissances et la place de l'Homme dans la compréhension que celui-ci a du monde : de nouvelles connaissances ou une nouvelle compréhension pourront produire une nouvelle classification, qui pourra conduire à une nouvelle dénomination. Le deuxième atout de cette terminologie est, depuis Linné, d'avoir offert un langage commun. Par delà les noms vernaculaires propres à chaque langue pour désigner l'espèce humaine ou les membres de celle-ci : Human, Mensch, Ser humano, … et parfois multiples au sein d'une même langue : l'espèce humaine, l'Homme, l'Humain ; Homo sapiens se présente comme un vocable de référence, certes de nature scientifique, mais qui a su par ailleurs acquérir une notoriété dépassant celle du jargon.

Origines

Les recherches en paléontologie humaine ou paléoanthropologie, ainsi que des études en génétique aboutissent à l'idée que la population originelle pour tous les humains se situait en Afrique, il y a très approximativement 200 000 ans.

Paléoanthropologie

caractères dérivés propres au crâne humain La classification des ossements fossiles dans l'espèce Homo sapiens, est réalisée par le rapprochement des morphologies osseuses comme:
- une face réduite ( un angle faciale entre 82 et 88°);
- l'absence de bourrelet sus-orbitaire;
- un menton saillant. De plus ces caractères propres doivent être combinés à d'autres caractères comme un volume cérébral important: entre 1400 et 1600 cm. Par exemple le « récent » fossile de l'Homme de Flores n'a pu être attribué à Homo sapiens en raison d'un volume cérébral de seulement 400 cm. Leur datation et la délimitation de zones géographiques de répartition sont de précieux renseignements sur nos origines. Elles permettent de faire des déductions ou d'affiner les hypothèses. La précision de cette science est limitée car elle est dépendante des éléments osseux et matériels mis au jour au fur et à mesure des fouilles. Ces découvertes ne permettent pas aujourd'hui à la paléontologie d'expliquer avec précision où, quand, et comment est né le premier représentant d
Homo sapiens
. On sait néanmoins, qu’Homo sapiens trouve son origine dans l'arborescence évolutive des homininés se trouvant en Afrique. Alors que l'Homme de Néanderthal a fait son apparition en Europe depuis 250 000 ans, Homo sapiens n'aurait migré depuis l'Afrique vers l'Europe et l'Asie que vers la fin des grandes glaciations vers -40 000 ans. Tous deux ont été contemporains l'un de l'autre, mais les conditions de leur rencontre et les détails de leurs « relations » ne sont pas connus ; L'homme de Néanderthal est une espèce éteinte alors que Homo sapiens s'est maintenu et a colonisé tous les continents.

Les plus vieux ossements découverts

Évolution simplifiée de la lignée humaine (Dates approximatives en années) « L'Homme de Cro-Magnon » est un représentant des premiers Homo sapiens en Europe ( ans) C'est en Afrique que les plus vieux ossements ont été découverts. Aujourd'hui, les paléontologues donnent à Homo sapiens un âge d'environ ans puisque les plus vieux ossements retrouvés sont deux crânes datés de ans, et appelés Omo 1 et Omo 2; viennent ensuite ceux de l'Homme d'Herto encore appelé Homo sapiens idaltu, datés d'environ ans. Ensuite viennent les ossements de Qafzeh et Skhul en Israël/Palestine datés respectivement de et ans. Les plus célèbres sont ceux de l'Homme de Cro-Magnon, datés de ans et découverts en France. Jusqu'en 2003, l'espèce Homo sapiens était subdivisée en deux sous-espèces, Homo sapiens sapiens et Homo sapiens neanderthalensis. Les résultats d'analyses génétiques ont conduit la plupart des auteurs à considérer ce dernier taxon comme une espèce à part entière, nommée Homo neanderthalensis. L'homme moderne et ses ancêtres immédiats ne sont plus considérés comme des Homo sapiens sapiens mais comme des Homo sapiens, dont ils sont les seuls représentants. Les êtres humains actuels appartiennent à cette seule espèce, et sa subdivision en races est généralement considérée comme non pertinente, d'un point de vue biologique. Le 21 décembre 2005 la planète Terre a vu l'espèce humaine atteindre 6, 5 milliards de représentants.

Les études génétiques s'accordent avec une origine africaine

migrations préhistoriques dhomo sapiens reconstituées sur la base de l'ADNmt (datations en milliers d'années avant le présent) Les comparaisons entre différentes populations humaines actuelles des séquences de l'ADN mitochondrial et du chromosome Y suggèrent fortement que tous les humains actuels ont une origine commune située en Afrique. Les comparaisons avec l'Homme de Néanderthal ont confirmé qu'il n'y a pas eu de croisement avec cette espèce.

À quoi doit-on l'apparition de l'Homme?

Du point de vue scientifique, l'apparition de l'Homme résulte d'une évolution biologique à partir d'espèces ancêtres, d'abord des bactéries, puis des poissons , des reptiles et aussi des mammifères arboricoles qui ressemblaient aux singes actuels. Cette évolution récente depuis notre ancêtre commun le plus récent avec les chimpanzés, est relativement bien documentée grâce aux fossiles, bien que des lacunes importantes existent. Les mécanismes de cette évolution ne sont pas encore entièrement compris, mais la sélection naturelle semble avoir joué un rôle important : l'environnement aurait guidé notre évolution récente. Cependant les facteurs environnementaux responsables n'ont pas encore tous été identifiés. D'un point de vue symbolique, pour certaines religions seulement, l'apparition de l'Homme est le résultat d'une création divine (comme le décrit la Bible). Ce point de vue créationniste ne devrait pas s'opposer au point de vue évolutionniste puisque il ne s'agit pas du même « terrain » de réflexion. Cependant un certain courant néo-créationniste récent tente de donner à la création divine une valeur pseudo-scientifique.

Aire géographique et histoire

Par sa capacité à maîtriser des techniques lui permettant d'affronter des conditions climatiques difficiles, l'être humain vit dans quasiment tous les milieux terrestres et sous quasiment toutes les latitudes. Seules certaines régions extrêmes, comme l'Antarctique, ne sont pas colonisées de manière permanente. On estime qu'en 2007 l'humanité compte 6, 671 milliards d'individus , page 54 du PDF.

Place de l'Homme dans le monde vivant

L'Homme ne descend pas du singe. Homo sapiens n'est que l'espèce actuelle la plus proche des chimpanzés, et inversement. Cette idée découle des méthodes de phylogénie, qui retracent l'évolution en n'établissant que des liens de parenté. Nos ancêtres lointains nous sont théoriquement inconnus. Donc parmi toutes les espèces vivantes actuelles, il n'y a aucun ancêtre, mais simplement des espèces qui sont plus ou moins apparentées entre elles. Aucune espèce est moins évoluée que d'autres. Du point des sciences de l'évolution l'Homme n'est pas une espèce « supérieure », ni aux singes, ni aux bactéries. Les espèces vivant actuellement les plus proches de l'être humain sont donc les deux espèces de chimpanzé : Pan troglodytes (le chimpanzé commun) et Pan paniscus (le bonobo). À un degré moindre, le gorille et l'orang-outan sont aussi assez proches de l'Homme. Le génome des êtres humains ne diffère que de 0, 27 % de celui des chimpanzés, et de 0, 65 % de celui des gorilles. Ces chiffres conduisent à estimer que notre lignée s'est séparé de celle des chimpanzés il y a environ cinq millions d'années, et des gorilles il y a environ sept millions d'années. La démarche phylogénétique part de l'idée que la Vie évolue des formes les plus simples aux plus organisées, avec acquisition de plus en plus de caractéristiques nouvelles. Ainsi, l'espèce humaine fait partie de plusieurs groupes emboîtés dont chacun est caractérisé par un caractère nouveau, qui se rajoute à ceux déjà accumulés. Ainsi, l'espèce humaine est classée dans:
-le groupe des eucaryotes (cellules avec un noyau), au même titre qu'un végétal;
-Le règne animal, au même titre qu'une limace;
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-Les vertébrés ( présence de vertèbres..), au même titre qu'une grenouille;
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-Les mammifères ( poils, allaitement...), au même titre qu'une souris ;
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-Les primates ( pouce opposable...), au même titre que les Lémuriens. Dans le groupe des primates, Homo sapiens fait partie desClassification phylogénétique de Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Belin:
- Haplorhiniens ( plus de rhinarium, mais un nez), au même titre que les tarsiers.
- Simiiformes ( arrière des orbites crâniennes fermées), au même titre que les ouistitis.
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- Catarhiniens (Les narines sont dirigées vers le bas), au même titre que le colobes ou les babouins.
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- Hominoïdes ( pas de queue), au même titre que les gibbons ou singes hurleurs.
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-Hominoïdés, au même titre que l'orang-outan.
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- Hominidés, au même titre que les gorilles.
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- Homininés, au même titre que les chimpanzés et bonobos.
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- Hominines, au même titre que les Australopithèques (éteints) , Ardipithèques (éteints),
Paranthropus (éteints)
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- Le genre Homo, au même titre que les Hommes de Néandertal. Parmi toutes les espèces cités ci-dessus, aucune n'est « inférieure » et l'Homme n'est pas une espèce à part. Seuls les degrés de parenté diffèrent, en allant des espèces les plus éloignées jusqu'aux espèces les plus proches de nous.

Caractéristiques physiques

Description

L'homme de Vitruve, dessiné par Léonard de Vinci en 1490, est un modèle géométrique des proportions du corps humain Homo sapiens peut être présenté sommairement comme étant un mammifère terrestre ; dressé sur deux membres inférieurs, qui constituent la base de son corps, en proportion environ de moitié, prolongés, en haut, par le tronc, le cou, puis la tête. Disposant de deux membres supérieurs, se terminant chacun par une main, ce qui lui permet de saisir et manipuler; d'une taille à l'âge adulte pouvant aller d'environ 80 cm à environ 2, 50 m dans les deux extrêmes du nanisme et du gigantisme (plus couramment de 1, 40 à 2 m)  m ; disposant d'organes sexuels ; à la couleur de peau empruntant les degrés du noir, du marron, du beige ou du rosé, pouvant être recouvert de poils par endroits, de forme allant du frisé au lisse et dont la couleur est, indépendamment de la couleur de la peau, de teintes noire, brune, blonde, rousse ou blanche ; aux yeux aux teintes du marron, du bleu, du vert ou du gris… L'évolution vers Homo sapiens se caractérise par les éléments suivants :
- expansion de la boîte crânienne et du volume du cerveau, en moyenne 1 400 cm³ (plus de deux fois celui des chimpanzés ou des gorilles). Pour certains anthropologues, la modification de la structure du cerveau est plus importante encore que l'augmentation de sa taille ;
- diminution de la taille des canines ;
- locomotion bipède, marche ; toutefois pour certains anthropologues, l'aptitude à courir est plus importante que l'aptitude à marcher.
- descente du larynx, ce qui permet le langage articulé. Les liens entre ces éléments, leur valeur adaptative, et leur rôle dans l'organisation sociale est sujet à débat parmi les anthropologues. La taille moyenne des hommes, aujourd'hui, en France, est de 1, 75 m, et celle des femmes de 1, 62 m, pour des masses respectives moyennes de 75 et 61 kg. Les données individuelles sont très variables autour de ces moyennes, avec une forte influence de facteurs environnementaux, des comportements et des régimes nutritionnels. Les moyennes elles-mêmes varient beaucoup selon les populations et les époques. Les jeunes naissent avec une masse autour de 3 kg, et une taille d'environ 50 à 60 cm, après une gestation de neuf mois. Totalement dépendants à la naissance, leur croissance dure plusieurs années. La maturité sexuelle survient entre 12 et 15 ans. La croissance des garçons continue souvent jusque vers 18 ans (la croissance se termine vers 21-25 ans avec la solidification de la clavicule). L'espérance de vie est très dépendante des conditions matérielles et de la disponibilité de soins médicaux. L'espérance de vie se situe aujourd'hui autour de 75 ans dans les pays les plus riches, et est inférieure à 40 ans dans les plus pauvres. Des cas isolés de longévité approchent 120 ans, et la personne ayant vécu le plus longtemps sans doute possible est la française Jeanne Calment, qui a vécu plus de 122 ans. L'être humain possède 23 paires de chromosomes (contre 32 pour le cheval).

Représentation de Homo sapiens

Bien que les premières manifestations de préoccupations esthétiques ou symboliques soient attribuables à l'Homme de Néandertal durant le Paléolithique moyen, les plus anciennes représentations humaines authentifiées comme telles sont le fait d
Homo sapiens et peuvent être datées du Paléolithique supérieur (vers 40 000 à 10 000 ans BP). Ainsi à l'Aurignacien (vers 40 000 à 28 000 ans BP), faciès culturel le plus ancien et attribuable à l'homme anatomiquement moderne en Europe, sont associées les statuettes de Vogelherd, de Geissenklösterle et de Hohlenstein-Stadel qui restituent des figures en ronde bosse représentant des mammouths, des félins, des ours, des chevaux et des hommes. On note aussi dans l'art pariétal, comme à la grotte Chauvet, la représentation de vulves féminines ainsi que d'individus mi-homme mi-bisonLa grotte Chauvet : . Note : pour accéder à l'information, cliquez sur "La recherche" puis "résultats" puis "INORA n°29" (en haut à droite).. Puis au Gravettien (29 000 à 22 000 ans BP) sont sculptées des figures féminines dites vénus paléolithiques. Au Magdalénien (19 000 à 10 000 ans BP), les représentations humaines sur paroi ou sur objet se font plus fréquentes. . Léonard de Vinci, avec ses dessins d'anatomie, est le premier à étudier le corps humain avec un œil médical, suivi par Michel-Ange (voir par exemple le "David" ci-dessous); ses tableaux s'efforcent de représenter le corps de l'Homme avec la précision de la masse organique qui le compose. L'Homme vu par les techniques modernes d'imagerie Image:X-Ray Skull.jpg|Le crâne vu par la radiographie Image:Medecine Echographie.jpg|Le Fœtus vu à l'échographie

Le propre de l'Homme ?

Rembrandt, La leçon d'anatomie du Dr Tulp ou la diversité des émotions de l'Homme La notion du propre de l'Homme relève à la fois de la philosophie et de la science, notamment la paléoanthropologie et la sociobiologie, et a une grande importance religieuse. Les plus anciennes traces de réflexion sur la spécificité de l'homme remontent à l'antiquité. Ainsi, Anaximandre, un des tout premiers philosophes présocratiques, dit « L'homme est l'animal le plus raisonnable, car il a des mains ». Par la suite, à de nombreuses reprises, les scientifiques et les penseurs ont tenté de définir le propre de l'Homme par des caractéristiques anthropocentriques aujourd'hui dépassées ERRE M, PICQ P, VINCENT J-D (2003) Qu’est-ce que l’Humain ?, ed. Le Pommier et le Collège de la Cité des sciences, (ISBN 2746501309 : Ainsi, même dans le cadre des théories modernes de l'évolution, qu'on appelle néodarwinisme ou théorie synthétique de l'évolution - terme inventé pas Julian Huxley - et qui domine la pensée évolutionniste entre 1947 et 1977, les évolutionistes s'efforcent de réserver une place à part à l'homme, étant entendu que si son corp à évolué, il reste que ce qui fait l'humain échappe aux lois de l'évolution. PICQ P L'humain à l'aube de l'humanité p. 41 dans Qu'est ce que l'humain ?. Durant les développements de la science moderne, les "spécificités" avancées comme étant propres à l'Homme ont tour à tour été remise en question. Ainsi, il fut avancé que le propre de l'homme était l'usage de l'outil, et il fut aussi question de la culture, qui semblait seulement exister chez notre espèce animale. Toutefois, les découvertes récentes montrent que les grands singes manient eux aussi des outils, et sont capable de transmettre des éléments de culture. Le caractère bipède exclusif de l'Homme est lui aussi remis en question : la bipédie aurait pu pré-exister parmi l'ancêtre commun des hominoïdes, dans ce cas ce n'est pas la lignée humaine qui aurait acquit la bipédie, mais ce seraient les autres lignées existantes de grands singes qui l'auraient perdu. Du point de vue de la biologie, cette question peut sembler peu pertinente si l'on prend l'angle d'approche de la sociobiologie : elle est « évidente » par sa présence. Par contre, la paléoanthropologie apporte une réponse intéressante à la question, tout en se concentrant sur les aspects biologiques de Homo sapiens. Une citation de Pascal Picq résume cette position scientifique : L'humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage évolutif partagé, mais n'est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n'est pas humain de fait.P. Picq, L'humain à l'aube de l'humanité p. 64 dans Qu'est ce que l'humain ? Pour la philosophie et la religion, les débats se poursuivent autour de la question d'essence de la "nature humaine".

Protection juridique

En droit International

Le jeudi 30 mars 2006 s’est tenu à l’UNESCO un colloque ayant pour thème « L’espèce humaine peut-elle se domestiquer elle-même ? ». Le directeur général de l’UNESCO, Monsieur Matsuura, avait alors exposé les deux enjeux de cette question : l’enjeu scientifique, mais également l’enjeu éthique, et exposa ainsi la problématique : « Pour la première fois de son histoire, l’humanité va donc devoir prendre des décisions politiques, de nature normative et législative, au sujet de notre espèce et de son avenir. Elle ne pourra le faire sans élaborer les principes d’une éthique, qui doit devenir l’affaire de tous. Car les sciences et les techniques ne sont pas par elles-mêmes porteuses de solutions aux questions qu’elles suscitent. Face aux dérives éventuelles d’une pseudo-science, nous devons réaffirmer le principe de dignité humaine. Il nous permet de poser l’exigence de non-instrumentalisation de l’être humain ». L’espèce humaine ainsi appréhendée dans sa vulnérabilité génétique pose la question de son statut juridique : Est-elle un sujet de droit ? Est-elle protégée en elle-même ? Comment est-elle protégée ? Paradoxalement, alors que les conférences insistent de plus en plus sur l’espèce humaine et sur son devenir, les textes internationaux ne protègent pas pour le moment l’espèce humaine par un dispositif qui lui serait expressément rattaché. Les quelques rares textes qui font mention de l’espèce humaine le font dans leur préambule, au titre de fondement général aux dispositions du corps du texte, qui ne vise donc pas directement à protéger l’espèce humaine elle-même ; ainsi peut-on lire dans le préambule de la Déclaration sur la race et les préjugés raciaux adoptée par acclamation le 27 novembre 1978 à la vingtième session de la conférence générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture à Paris pour fonder la non hiérarchisation de ses membres : alinéa 5 : « Persuadée que l'unité intrinsèque de l'espèce humaine et, par conséquent, l'égalité foncière de tous les être humains et de tous les peuples, reconnue par les expressions les plus élevées de la philosophie, de la morale et de la religion, reflètent un idéal vers lequel convergent aujourd'hui l'éthique et la science, ». Il ne faut ici pas confondre la protection de l’espèce humaine en tant que telle, et l’interdiction de la hiérarchisation de ses membres qui est précisément l’objet des dispositions de la Déclaration. La Convention pour la protection des Droits de l'Homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine: Convention sur les Droits de l'Homme et la biomédecine élaborée au sein du Conseil de l’Europe, convention dite d’Oviedo du 4 avril 1997, fait également référence à l’espèce humaine dans l’alinéa 10 de son préambule : « Convaincus de la nécessité de respecter l'être humain à la fois comme individu et dans son appartenance à l'espèce humaine et reconnaissant l'importance d'assurer sa dignité; ». L’espèce humaine est de premier abord présentée de nouveau comme attribut d’un sujet de droit pour fonder la protection de celui-ci ; toutefois, la problématique du Directeur Général de l’UNESCO trouve dans le corps de la convention une résonance au sein de l’article 13 de la convention, intitulé « Interventions sur le génome humain » situé sous le Chapitre IV relatif au « Génome humain ». En effet, cet article énonce qu’ « Une intervention ayant pour objet de modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elle n'a pas pour but d'introduire une modification dans le génome de la descendance. ». Ce texte se préoccupe explicitement, non pas seulement de la définition génétique de l’individu lui-même, mais également de sa descendance à travers son patrimoine génétique, et, par là même, de l’espèce. La protection ainsi élaborée n’est ce pendant pas absolue. En effet, le texte ne retient la modification du génome de la descendance comme illicite que dans la mesure où cette modification n’est pas le but poursuivi ; a contrario, si le génome de la descendance n’est pas la motivation directe de la modification du génome, cette modification est licite dans les cas gouvernés par « des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques » relatives à la personne subissant l’intervention. Il faut, par ailleurs, noter que la valeur juridique des instruments internationaux est variable du fait de la nature du texte, une Déclaration n'ayant pas de valeur juridique contraignante, et du fait que les conventions internationales n’ont de valeur juridiques que pour les pays qui les ayant intégré à leur droit interne. La procédure se décompose traditionnellement en une Signature par un plénipotentiaire (Chef d’État, Ministre des affaires étrangères…) et une Ratification, qui consiste en une confirmation de cette signature, par l’organe compétent propre à chaque État, qui lie ainsi, de façon effective, l’État au Traité. Ainsi, une convention internationale à théoriquement valeur de droit positif que si, après avoir été signée, elle a été ratifiée (en droit français la ratification est le fait du Président de la République, conformément à l'article 52 de la Constitution, après autorisation du Parlement selon les cas énumérés à l’article 53 de la Constitution). La portée de cette protection est donc très . La valeur juridique des ces traités dépend de la compréhension propre à chaque système juridique de ce qui constitue une atteinte à l’espèce humaine. La France à adopté récemment une des premières législations spécifiques visant explicitement à protéger l’espèce humaine.

En droit français

La loi du 29 juillet 1994 relative au corps humain (une des lois dites bioéthiques) a introduit, dans le droit français, la disposition selon laquelle « Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine » (article 16-4 1 alinéa Code civil français). Cette disposition figure parmi les principes généraux devant gouverner les recherches scientifiques et les pratiques médicales (articles 16 à 16-9 c.civ.). D'importants débats existent sur la portée et la signification pratique à donner à cette interdiction : en effet, les alinéas subséquents de l'article 16-4 énoncent les interdictions de l'eugénisme, du clonage reproductif (cette interdiction a été introduite par la loi bioéthique du 7 août 2004), et de la modification des « caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne ». Ainsi, le premier alinéa doit-il être interprété indépendamment des autres, ce qui reviendrait à distinguer l'interdiction de porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine, l'interdiction des pratiques eugéniques et l'interdiction du clonage, auquel cas le premier alinéa demeure énigmatique ? Ou ce premier alinéa doit-il être interprété à la lumière des alinéas subséquents, auquel cas l'intégrité de l'espèce humaine serait atteinte par la réalisation d'actes d'eugénisme ou de clonage ? Une réponse semble pouvoir exceptionnellement être recherchée dans la traduction pénale de ces interdictions : en effet, ce sont les mêmes textes qui figurent dans le Code civil français et dans le code pénal, textes qui ont été, de surcroît, introduits par les mêmes lois. Protégée pénalement depuis 1994 à l'article 511-1 du code pénal, dans le livre qui protégeait les animaux des sévices graves (le Livre V du code pénal), l'espèce humaine a reçu par la loi bioéthique du 7 août 2004 une protection renforcée, les dispositions la protégeant ayant été déplacées en partie dans le livre II, lui faisant partager à présent l'intitulé du Titre I qui réprimait les crimes contre l'humanité, soit : « Des crimes contre l'humanité et contre l'espèce humaine », et lui consacrant le Sous-titre II intitulé « Des crimes contre l'espèce humaine » regroupant les articles 214-1 et suivant. David'' de Michel-Ange L'enjeu de ces dispositions est de préserver les spécificités biologiques de l'espèce humaine que sont toutes ses caractéristiques génétiques :
- par la répression des « pratiques eugéniques tendant à l'organisation de la sélection des personnes » (article 214-1 Code Pénal). De plus le Conseil d'État, dans son rapport du 25 novembre 1999 "Lois bioéthiques : cinq ans après", précisa qu'il fallait entendre dans cette définition le caractère systématique de la sélection afin de ne pas assimiler les pratiques de procréation médicalement assistée aux pratiques eugéniques : leur caractère non systématique est apprécié par l'exigence de « choix propres à des couples confrontés à l'annonce d'une maladie d'une particulière gravité ». La pertinence de ce critère est critiquée par la doctrine qui propose comme autre critère de distinction : le cadre thérapeutique ; ou encore, sur la distinction kantienne selon laquelle il faut considérer l'homme non comme un moyen mais comme une fin, distinguer la sélection motivée par le sentiment d'empathie envers l'être à naître atteint d'une « maladie d'une particulière gravité reconnue comme incurable aux moment du diagnostic » (articles 2131-1, 2131-4, 2131-4-1, 2141-2 Code de la Santé publique), de la sélection motivée par un sentiment utilitariste de cet être perçu comme devant permettre l'amélioration de l'espèce humaine.
- par la répression du clonage reproductif (article 214-2 Code pénal), comme portant atteinte au caractère sexué de la reproduction humaine (consistant en la rencontre de gamètes de patrimoine génétique différent), et portant atteinte, à grande échelle, à la diversité biologique de l'espèce humaine (qui est un de ses facteurs d'adaptation). Le clonage thérapeutique, consistant en la création d'un embryon humain à partir de cellules d'une personne malade, destiné à fournir des cellules souches prélevées puis cultivées pour fournir un tissu ou un organe génétiquement compatible avec le patient, ou implantées dans le corps de celui-ci pour que son organisme reconstitue des cellules défaillantes, n'est pas réprimé au titre de la protection de l'espèce humaine, mais au titre de la protection de l'embryon dans le Livre V du code pénal(art. 511-17 et 511-18 Code Pénal). Par ailleurs l'infraction de clonage thérapeutique est un délit (puni d'un maximum de 7 ans d'emprisonnement et 100 000€ d'amende), alors que l'infraction de clonage reproductif est un crime (puni, tout comme le crime d'eugénisme, d'un maximum de 30 ans de réclusion criminelle et de 7 500 000€ d'amende). Cette différence de traitement est toutefois elle aussi critiquée dans la mesure où d'un point de vue anthropologique, toujours selon la distinction kantienne, le clonage thérapeutique déclasse la perception de la vie humaine au rang de médicament (à ne pas confondre avec le bébé médicament qui consiste, pour un couple ayant un enfant malade et désirant avoir un deuxième enfant, à saisir l'opportunité que peut offrir la compatibilité génétique des cellules du petit frère pour sauver l'aîné, par le prélèvement de cellules sur le cordon ombilical, le don de sang ou encore de moelle épinière, ce qui n'entrave nullement l'accès sain à la vie de cet enfant), donc de moyen, ce qui peut apparaître au moins aussi grave que le clonage reproductif (argument anthropologique proposé par Mme Marie-Angèle Hermitte, Directeur d'étude à l'École des hautes études en sciences sociales); toutefois d'autres auteurs justifient cette différence par le caractère d'utilité publique, d'intérêt général(pour les personnes nées atteintes aujourd'hui et demain d'une maladie grave et incurable), que peut revêtir la motivation de procéder à de telles recherches, contre le clonage reproductif motivé par le seul intérêt égoïste des couples d'avoir un enfant (Mikaël Benillouche, Maître de conférence à la faculté de droit de l'université de Picardie). Les crimes contre l'espèce humaine peuvent être considérés comme le deuxième ensemble d'infractions les plus grave du système juridique français, après les crimes contre l'humanité, apparaissant en deuxième position (après les crimes précités) dans l'énonciation des infractions dans le code pénal, et l'action publique se prescrivant, par exception au droit commun (10 ans pour les crimes), par un délais de 30 ans (ce délai ne commençant par ailleurs à courir qu'à la majorité de l'enfant qui serait né du clonage), l'action publique relative aux crimes contre l'humanité étant, quant à elle, imprescriptible. On peut, par ailleurs, voir dans les crimes contre l'espèce humaine le complément de la protection de l'Homme initiée par les crimes contre l'humanité, ces derniers protégeant l'Homme dans sa dimension métaphysique : le respect de son humanité et de sa dignité, et les crimes contre l'espèce humaine protégeant l'Homme dans sa dimension matérielle : sa définition génétique et sa spécificité biologique. Une question délicate doit toutefois demeurer, ce qui peut expliquer la différence hiérarchique dans la répression entre les crimes contre l'espèce humaine et les crimes contre l'humanité : si la dimension métaphysique de l'Homme est celle qui impose à l'Homme de se respecter, et si la dimension métaphysique est le niveau de réflexion qui a permis à l'Homme, à la différence des autres espèces animales, d'"évoluer", l'Homme a-t-il vocation à ne pas exploiter pour lui les connaissances qui accompagnent et engendrent son évolution ? A-t-il vocation à rester une espèce à reproduction exclusivement sexuée ? L'Homme résistera-t-il à la tentation d'organiser ce qu'il considérerait être l'amélioration de son espèce ? La protection actuelle de l'espèce humaine est-elle dictée par des principes immuables propres à la définition de l'Homme ou est-elle dictée par des principes contingents de précaution face à l'ignorance actuelle des conséquences de la modification volontaire et brutales de la définition biologique de l'Homme ? Autrement dit : l'Homme doit-il conditionner le respect qu'il doit avoir pour lui-même et la marche de son évolution à l'absence d'atteinte réalisée volontairement par lui-même à la pérennité de sa définition biologique actuelle qu'est Homo sapiens ?

Références

Voir aussi

- Le portail des portails recensant une partie de la connaissance humaine
- Sciences humaines
- Évolution humaine
- Femme
- Hermaphrodisme
- Homme
- Humanité

Bibliographie

- Boyd et Silk, L'aventure humaine, de la molécule à la culture, De Boeck 2004, partie 1, chapitre 3, pages 68-72; ISBN 2 8041 4333 3. ===
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