Châtelperronien

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Pendeloque en os du Châtelperronien d'Arcy-sur-Cure (larg. 32 mm)Le Châtelperronien (ou Castelperronien) est un faciès culturel de transition entre la fin du Paléolithique moyen et le début du Paléolithique supérieur (environ - 38 à - 32 000 ans avant le présent).
Châtelperronien

Pendeloque en os du Châtelperronien d'Arcy-sur-Cure (larg. 32 mm)Le Châtelperronien (ou Castelperronien) est un faciès culturel de transition entre la fin du Paléolithique moyen et le début du Paléolithique supérieur (environ - 38 à - 32 000 ans avant le présent).

Historique

Le Châtelperronien doit son nom au site de la Grotte des Fées, à Châtelperron dans l'Allier. Il a été défini par l'abbé Henri Breuil en 1906. Il correspond également au Périgordien ancien défini par D. Peyrony en 1933. Cette dernière expression est parfois encore utilisée, notamment par les tenants d'une continuité entre Châtelperronien et Gravettien (Périgordien supérieur).

Répartition géographique

Il est essentiellement présent dans le sud-ouest de la France, dans les Pyrénées (Brassempouy, Isturitz, Gargas), en Dordogne (La Ferrassie, Combe Capelle), dans le Lot (Roc de Combe, Le Piage), en Charentes (Saint-Césaire, La Quina), dans la Vienne (Quincay). On le trouve aussi dans le bassin de la Loire (site éponyme) et de la Seine (Arcy-sur-Cure) ainsi que dans le nord de l'Espagne (Cueva Morin, El Pendo).

Caractéristiques

Pointes de ChâtelperronL'industrie lithique châtelperronienne se caractérise par le développement du débitage de lames, des éclats allongés produits en série et parfois retouchés, modifiés pour réaliser des outils spécialisés (grattoirs, burins, etc.). L'un des outils sur lame caractéristiques de ce faciès est la pointe de Châtelperron (ou couteau de Châtelperron), présentant un dos courbe abattu par des retouches abruptes. La forme de ce « fossile directeur » pourrait être liée à une modalité d'emmanchement à l'aide de matériaux périssables qui ne nous sont pas parvenus. Les autres éléments importants de la culture matérielle châtelperronienne sont l'apparition de la parure (pendentifs en os ou en ivoire, dents perçées ou rainurées, fossiles aménagés pour la suspension, etc.) et le développement de l'outillage en matières dures animales (lissoirs, épingles, poinçons en os, etc.)

L'auteur du Châtelperronien

Il est aujourd'hui admis de manière très consensuelle que les industries châtelperroniennes ont été réalisées par les derniers Néandertaliens, juste avant ou contemporainement avec l'arrivée en Europe des premiers hommes modernes porteurs de l'Aurignacien. Toutefois, l'attribution du Châtelperronien aux Néandertaliens ne repose que sur deux découvertes : la sépulture néandertalienne indiscutable de Saint-Césaire, considérée comme associée à une industrie châtelperronienne, et quelques restes humains d'Arcy-sur-Cure, considérés comme néandertaliens.

Interprétation

À la suite des travaux de F. Bordes, le Châtelperronien et l'Aurignacien ont longtemps été considérés comme strictement contemporains. Selon cet auteur, les séquences stratigraphiques des gisements de Roc-de-Combe et du Piage auraient démontré cette contemporanéité par l'interstratification des deux industries (alternance répétée des deux faciès au cours du temps). Dans ce cadre, le Châtelperronien était interprété par certains comme une « imitation » par les Néandertaliens des comportements des hommes modernes (utilisation de parure, débitage de lames, etc.) par exemple à la suite de contacts. Toutefois les études récentes ont montré que les interstratifications supposées résultaient de remaniements post-dépositionnels ou de problèmes de lecture de la stratigraphie. Rien ne permet de dire à l'heure actuelle que les Néandertaliens et les hommes modernes se sont côtoyés ou fréquentés directement. Un nombre croissant d'auteurs considère que les spécificités culturelles du Châtelperronien ne sont pas liées à l'arrivée des porteurs de l'Aurignacien en Europe de l'Ouest, et qu'elles résultent plus probablement d'une invention indépendante par les Néandertaliens.

Bibliographie

-Les derniers Néandertaliens, le Châtelperronien, Baffier D., Maison de roches, Paris, 1999.
-Technologie lithique : Le Châtelperronien de Roc-de-Combe (Lot) et de La Côte (Dordogne), Pelegrin J., Cahier du Quaternaire, CNRS, Paris, 1995. Catégorie:Préhistoire Catégorie:Culture archéologique ca:Châtelperronià de:Châtelperronien en:Châtelperronian eo:Ĉatelperonio es:Châtelperroniense fi:Châtelperronin kulttuuri nl:Châtelperronien oc:Chastèlperronian ru:Шательперон uk:Шательперон
Sujets connexes
Allier (département)   Arcy-sur-Cure   Aurignacien   Brassempouy   Châtelperron   Denis Peyrony   Débitage   François Bordes   Gravettien   Grottes d'Isturitz et d'Oxocelhaya   Grottes de Gargas   Henri Breuil   Homme de Néandertal   Homo sapiens   Industrie lithique   La Ferrassie   La Quina   Paléolithique moyen   Paléolithique supérieur   Roc de Combe   Saint-Césaire (Charente-Maritime)  
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