République

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La république est une des formes constitutionnelle de l'État, qui se conçoit comme consubstantiel du peuple. Toute république doit donc être comprise, définie et fondée par opposition aux conceptions monarchiques ou théocratiques de l'État et de la Nation :
- dans une monarchie, l'État, sa pérennité et son identité sont incarnés par une seule personne (le roi, la reine), souvent désignée selon des critère
République

La république est une des formes constitutionnelle de l'État, qui se conçoit comme consubstantiel du peuple. Toute république doit donc être comprise, définie et fondée par opposition aux conceptions monarchiques ou théocratiques de l'État et de la Nation :
- dans une monarchie, l'État, sa pérennité et son identité sont incarnés par une seule personne (le roi, la reine), souvent désignée selon des critères héréditaire et/ou de « droit divin » ; le gouvernement lui-même peut prendre diverses formes, éventuellement démocratiques (cas des monarchies parlementaires) ;
- dans une théocratie, l'État, sa pérennité et son identité sont représentés par Dieu lui-même (exemple du Vatican), même si les représentants temporels de cet État peuvent être élus ou désignés plus ou moins démocratiquement ;
- dans une république, l'État n'a de sens que par l'existence et l'affirmation d'un peuple. Dans cette conception, la république est le plus souvent associée à l'affirmation (constitutionnelle ou non) d'un bien commun (la res publica) qu'il s'agit de préserver. Une simple fédération d'intérêts particuliers ne suffit donc pas à fonder une république. Sur 194 pays recensés dans Wikipédia, 135 sont déclarés comme des républiques, contre 22 royaumes ou sultanats, 9 fédérations ou unions, 3 principautés : c'est donc la forme d'État la plus répandue. Il existe de nombreuses conceptions de la république, et autant de formes concrètes, par exemple les républiques socialistes (Vietnam), démocratique (Congo), populaire (Chine, Bangladesh), islamique (Pakistan, Iran), fédérale (Allemagne, Brésil), Arabe (Égypte, Syrie), bolivarienne (Venezuela)... À noter : le concept d'unité et d'indivisibilité de la République est une conception spécifiquement française. Les républiques fédérales n'ont pas nécessairement la même exigence. La laïcité, dont le principe est très loin d'être universellement reconnu, ne peut pas davantage être associée automatiquement à la république. Si le concept est assez large pour inclure des démocraties représentatives, une république n'implique pas forcément une démocratie. Un État de forme républicaine peut être une démocratie limitée, où certains droits ne sont réservés qu'à un groupe restreint : la république est alors dictatoriale ou totalitaire. Il est plus ambigu de traiter le concept de république Islamique. Cette dénomination peut sembler une contradiction dans les termes, et c'est sans doute évident pour l'Iran qui présente, sous bien des aspects, les caractéristiques concrètes d'une théocratie à fonctionnement partiellement démocratique. En revanche, le cas des Maldives est plus clair : il s'agit effectivement d'une république, mais le terme islamique précise que le système judiciaire est régi par la Charia, ce qui en fait a priori un système non strictement démocratique.

Étymologie

Le mot grec que traduisait république pour la plupart, est politeia, qui veut dire, la marche des affaires publiques dans un polis ou ville-état. Mais le mot « république » est d'origine romaine et est créé après l'expulsion de Tarquin le Superbe et l'abolition de la Monarchie romaine en -509. Composé à partir de deux mots latin : le nom féminin « res », qui signifie la « chose », et l'adjectif « publica », que l'on peut traduire par « publique », la res publica, ou « chose publique », désigne dans un premier temps l'organisation publique de la société (comme dans La République de Platon). Mais la paternité du terme « République », au sens moderne, est souvent accordée à Jean Bodin qui la définit dans Les six livres de la République en 1576 comme un . Dans son oeuvre Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau définit la république comme

Évolution du sens

Trois textes classiques ont transmis les sens multiples de ces deux termes aux modernes : La république (Politeia) de Platon, Le politique (Politike) d'Aristote, et De la république (De re publica) de Cicéron. Pour les médiévaux, le livre de Cicéron était reçu en forme de citations de Augustin d'Hippone, la plupart dans La Cité de Dieu (Civitas dei). Ils n'avaient Aristote qu'en latin, traduit de l'arabe, traduit du grec; et Platon qu'en fragments, les deux pleins de termes confusément définis. L'expérience historique des médiévaux était d'un Rome qu'on peut appeler post-républicain, un empire idéal, universel, et monarchique. Donc les Jean de Salisbury, les Thomas d'Aquin ont eu une tendance à définir res publica comme un état réglé, surtout monarchique. Ils écrivaient couramment, par exemple, de la Res Publica Christiana sous la papauté. Dans une même optique, plusieurs courtisans du écrivirent des poèmes où ils louaient la bonne gestion par Louis XIV de la république. Au contraire, dans les villes, émergeantes après le , on se souvenait mieux des formes de gouvernement de l'ancienne Res publica Romana, et là renaît, vers 1300, la définition de république comme un état sans roi, qu'il soit aristocratique ou démocratique. La culture classique étant généralisée dans la noblesse à l'époque, chaque lettré avait déjà entendu parler de la République romaine qui avait précédé la Rome des empereurs. Les grands voyageurs connaissaient aussi d'autres exemples comme la république helvétique ou la république de Genève. Dans tous ces régimes, c'étaient des électeurs qui désignaient chaque fois que nécessaire qui prendrait en lieu et place de tous, avec leur délégation, les décisions de la période à venir. Les érudits en histoire savaient que la dynastie des Capétiens était également à une époque arrivée au pouvoir par une élection. Allégorie de la République à Paris (France). Le sens médiéval survivait, notamment dans le livre de Jean Bodin, un soutien des politiques pendant les guerres civiles de calvinistes et catholiques, et des absolutistes plus tard; mais la définition urbaine et humaniste d'un état libre (free-state, stato libero), état populaire, ou état sans roi s'étant trouvé dans Bartolus de Saxoferrato (De regimine civitatis, Perugia, vers 1350), Coluccio Salutati (De tyranno, Florence, 1400) et Leonardo Bruni (Laudatio fiorentinae urbis'', 1403-04), apparut chez Machiavel au milieu de son Discours sur Tite-Live (« Discours » no. 16-18, 1513?), gagna deux grands états, les États-Unis des Pays-Bas (1581) et le Commonwealth de l'Angleterre (1649), convainquit David Hume et Montesquieu vers 1750, révolutionna les États anglais de l'Amérique du Nord, et triompha partout dans l'Europe après 1792.

République et monarchie

Rien ne permet de dire qu'entre une monarchie et une république, l'une soit nécessairement plus démocratique que l'autre, l'élection ou non du chef de l'État ne présage en rien de la nature du régime. Une dictature peut être dénommée république avec un chef d'État « élu » d'un parti unique, et une démocratie peut être dénommée monarchie, avec un chef d'État héréditaire. Lorsque le chef de l'État n'a pas pour fonction de gouverner mais d'arbitrer et d'être un garant pour l'ensemble de la nation, le principe héréditaire qui peut être approuvé par référendum (comme en Espagne) s'avère en fait plus démocratique, par sa capacité à donner au chef de l' État une indépendance totale à l'égard des partis politiques, au service de tous, et donc du bien commun (aussi nommé res-publica). Les monarques règnent généralement à vie et sont remplacés à leur mort par un parent (on parle dans ce cas de monarchie héréditaire), soit déterminé par eux ou encore soit par des règles préétablies (on parle ici de d'une monarchie constitutionnelle). Beaucoup de monarchies constitutionnelles actuelles sont tout à fait démocratiques, comprenant un parlement élu par le peuple. Les présidents de républiques, au contraire, sont généralement élus pour un mandat limité - de même que leurs successeurs. De nos jours, de nombreuses républiques non démocratiques se disent démocratiques, et nonobstant le contrôle des résultats électoraux maintiennent le rituel d'élire régulièrement leur chef d'État ; dans ces États, de nombreux chefs d'États abandonnent leurs fonctions (par démission ou retraite anticipée) ou y sont forcés (par des moyens constitutionnels) par d'autre membres de l'élite dominante. Il y a cependant des exceptions - chaque nouvel empereur du Saint Empire romain, par exemple, était élu par les principaux princes de l'Empire, bien qu'à travers les siècles la coutume évolua jusqu'à nommer à cette charge les membres successifs d'une même famille.

Histoire

L'histoire de la république remonte aussi loin que l'ancienne Akkad. La république antique la mieux connue est la République romaine, qui dura de -509 à -44. Dans la république romaine, les principes d'annualité (exercice du pouvoir pour un mandat d'une seule année) et de collégialité (exercice du pouvoir par au moins deux hommes en même temps) étaient couramment observés. À notre époque, le pouvoir exécutif s'incarne généralement dans une seule personne, le président ou un premier ministre, mais quelques exceptions sont constatables comme en Suisse, qui possède un conseil de sept membres à sa tête (appelé le Conseil fédéral) et Saint-Marin, où deux personnes se partagent le pouvoir. Dans ces derniers cas, l'exercice du pouvoir se fait de manière collégiale. Les républiques soviétiques étaient des États membres qui devaient réunir trois critères pour être ainsi nommées :
- être à la périphérie de l'Union soviétique pour pouvoir profiter de leur droit théorique à faire sécession
- être économiquement capable d'assurer l'autarcie après la sécession
- être nommée d'après le groupe ethnique d'au moins un million de personnes qui constituera la majorité de ladite république. Les États des États-Unis se doivent d'être de forme républicaine (tout comme le gouvernement fédéral), le peuple étant le réel détenteur de l'autorité. Une condition requise pour des États qui sont censés créer et renforcer la plupart des lois domestiques, exception faite pour les zones déléguées au gouvernement fédéral. Les pères fondateurs du pays attendaient une gestion par les États de la majorité des lois domestiques, même si avec le temps l'influence du gouvernement fédéral sur celles-ci s'est peu à peu renforcée. L'obligation d'une forme républicaine était également une façon de protéger les droits des citoyens et d'éviter qu'un État ne sombre dans la dictature ou dans la monarchie. En France, la Première République fut proclamée en 1792. Aujourd'hui, C'est la Cinquième République qui régit les institutions françaises.

Exemples

Actuellement, les républiques sont très nombreuses au niveau mondial. Une forme de gouvernement républicaine peut être combinée avec de très nombreux systèmes économiques et démocratiques différents. Voici quelques exemples pour illustrer différents modèles républicains :
- la France (au même titre que la Russie et l'Ukraine) est une République gouvernée sous un régime semi-présidentiel, dans lequel l'étendue du pouvoir réel du président dépend de la majorité parlementaire. Si l'Assemblée Nationale est du même bord politique que le président, c'est ce dernier qui gouverne le pays (pouvoir exécutif) ; si ce n'est pas le cas, le président ne conserve que le pouvoir fédératif (politique étrangère et Défense) constitutionnellement attaché à sa fonction ;
- l'Italie (par exemple) est une République à régime parlementaire, dans lequel le Président n'est qu'un « symbole », ne dispose d'aucun pouvoir et ne gouverne pas (c'est le premier ministre qui est le chef de l'État) ;
- le Brésil, ainsi que de nombreux États d'Afrique, sont des républiques gouvernées sous un régime présidentiel, dans lequel le président (généralement élu) détient directement le pouvoir exécutif.
- la République Populaire de Chine est dirigée sous l'égide d'un parti unique : les pouvoirs législatif , exécutif et fédératif sont détenus par un parti unique, qui contrôle également (quoique indirectement) le pouvoir judiciaire. A noter que :
- les États-Unis d'Amérique, bien que gouvernés suivant un régime de type présidentiel et dans le cadre d'un système démocratique, sont une confédération et non une république ;
- la forme constitutionnelle d'États parfaitement démocratiques comme le Canada et l'Australie n'est pas précisée, mais ils ne se revendiquent pas comme des républiques ; Voici quelques républiques historiques :
- la République romaine (-509--44)
- la République de Carthage (-308, -146)
- la République de Venise (, 1797)
- la République française (1792-1804)
- la République du Texas (1836-1845)
- le Commonwealth de l'Angleterre (1649-1660)
- le Commonwealth du Massachusetts (depuis 1776)
- les Provinces-Unies (1581-1795)
- l'Islande (depuis 930)
- l'Union soviétique (1917-1991) qui était une république fédérale Même si l'on considéra Sparte comme une république, la monarchie jouait un rôle dans son gouvernement ; et alors qu'on considère aujourd'hui Athènes comme étant une république, elle était décrite dans les temps Classiques comme une démocratie. En Grec, la distinction entre démocratie et république n'existe pas (le mot république étant, comme dit plus haut, d'origine romaine). Les anciens auteurs grecs décrivaient les régimes non-monarchiques comme oligarchies ou aristocraties (s’ils étaient dirigées par un groupe réduit de citoyens), tyrannies (dirigés par une personne qui s'était emparée du pouvoir par un coup d'État) ou démocraties (si le droit de vote et celui d'être élu était donné à un grand nombre de citoyens, les classes les plus basses inclues).

Bibliographie

- Régis Debray, « La République expliquée à ma fille », Le Seuil, 1998
- Jean-Michel Ducomte, « La République », Les Essentiels Milan 2002;
- Serge Bernstein et Odile Rudelle (dir.), « Le modèle républicain », PUF 1992;
- Blandine Kriegel, « Philosophie de la République », Plon 1999;
- Claude Nicolet, « L'idée républicaine en France » Gallimard 1982;
-Hugue Jallon et Pierre Mounier, « Les enragés de la République », La Découverte 1999;
- L'idée de République et la jurisprudence du Conseil constitutionnel / Frédéric Monera - Paris : L.G.D.J., 2004
- La fin des rois: Histoire des républiques et des républicains / William R. Everdell - Paris : Éd. Publisud, 1987;
- La République / Platon

Voir aussi

- Freistaat
- La République de Platon
- Républicanisme
- Rzeczpospolita
- République des lettres
- Catégorie:Histoire des idées politiques Catégorie:Systèmes de gouvernement af:Republiek an:Republica ang:Cynewīse ar:جمهورية (سياسة) ast:República ba:Республика bat-smg:Respoblėka be:Рэспубліка be-x-old:Рэспубліка bg:Република bs:Republika ca:República ceb:Republika cs:Republika cy:Gweriniaeth da:Republik de:Republik en:Republic eo:Respubliko es:República eu:Errepublika fa:جمهوری fi:Tasavalta fy:Republyk gl:República gv:Pobblaght he:רפובליקה hi:गणराज्य ht:Repiblik hu:Köztársaság ia:Republica id:Republik io:Republiko is:Lýðveldi it:Repubblica ja:共和制 jv:Republik ko:공화제 la:Res Publica lb:Republik li:Rippebliek lt:Respublika lv:Republika mk:Република ms:Republik nds:Republiek nds-nl:Rippebliek nl:Republiek nn:Republikk no:Republikk nrm:Républyique pl:Republika pt:República qu:Republika ro:Republică ru:Республика simple:Republic sk:Republika sl:Republika sr:Република sv:Republik sw:Jamhuri th:สาธารณรัฐ tl:Republika tr:Cumhuriyet (kavram) uk:Республіка vi:Cộng hòa vo:Repüblikän yi:רעפובליק zh:共和制 zh-min-nan:Kiōng-hô-kok
Sujets connexes
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