Jérusalem

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Jérusalem (également nommée Hiérosolyme, Solyme ou Salem en ancien français, ירושלים - Yerushalayim en hébreu, - al Quds pour les arabophones musulmans ou اورشليم Ûrshalîm pour les arabophones chrétiens ; la dénomination israélienne officielle étant Yerushalayim) est une ville du Proche-Orient qui tient une place prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, et dans le sentiment national israélien. L'État d
Jérusalem

Jérusalem (également nommée Hiérosolyme, Solyme ou Salem en ancien français, ירושלים - Yerushalayim en hébreu, - al Quds pour les arabophones musulmans ou اورشليم Ûrshalîm pour les arabophones chrétiens ; la dénomination israélienne officielle étant Yerushalayim) est une ville du Proche-Orient qui tient une place prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, et dans le sentiment national israélien. L'État d'Israël a proclamé Jérusalem unifiée comme étant sa « capitale éternelle ». Cette désignation n'est pas reconnue par la communauté internationale. Jérusalem-Est, considéré comme un territoire occupé, est également revendiquée comme capitale d'un éventuel futur État palestinien. Située sur le mont Sion, à d'altitude, la ville s'étend, début 2005, sur pour une population de habitants. La ville est très hétérogène : s'y mêlent de nombreuses religions, peuples, groupes socio-économiques. La partie nommée « vieille ville » est entourée de remparts et est constituée de deux quartiers à dominante arabe, dits quartier chrétien et quartier musulman, d'un quartier à dominante arménienne et d'un quartier à dominante juive.

Histoire

Jérusalem vue du mont des Oliviers (Dôme du Rocher et, en arrière plan, dômes du Saint-Sépulcre ; à droite, la Porte dorée, murée, par où est attendue la venue ou le retour du Messie.

Antiquité (préhistoire -6 av JC)

D'imposantes fortifications datées de -1700 montrent qu'à cette époque Jérusalem était une ville de taille importante. Il s’ensuit une phase de déclin très marquée comme dans toute la région due à l’invasion des peuples de la mer. Jérusalem redevient un petit village de montagne d’environ habitants sur une superficie de six hectares. Les tablettes d'el-Amarna écrites en akkadien nomment la ville Ourousalim (« ville de la paix ») vers -1300. En -722, Samarie, la capitale du Royaume d'Israël étant occupé par les Assyriens, ses habitants affluent vers le Sud, à Jérusalem, qui était la capitale du petit royaume de Juda. Le développement de la ville est alors foudroyant et sa population passe à habitants sur une superficie de soixante-quinze hectares. En -587, Nabuchodonosor prend la ville, pille le temple et déporte le roi Yehoïakîn (Joaquin) ainsi que les notables à Babylone. Les Babyloniens établissent Tsidquya (Sédécias) gouverneur de Jérusalem. Celui-ci se révolte, ce qui entraîne un nouveau siège, temporairement levé par l'intervention d'une force égyptienne. Nebouzarradan, général de Nabuchodonosor, revient et prend définitivement la ville. Mais cette fois, le Temple est complètement détruit, les murailles de la ville aussi, et quasiment tous ses habitants conduits à Babylone. Après une captivité de 70 ans, les Juifs sont autorisés par Cyrus le Perse à regagner la Judée sous la conduite d'Ezra et Néhémie. Ils retournent à Jérusalem, y ramenant les trésors du temple. Sous le gouverneur Zorobabel, le temple est reconstruit. Enfin, durant le règne d'Artaxerxés, Néhémie reconstruit les murailles de Jérusalem. Le récit biblique des Chroniques s'arrête à cet épisode. La ville passe sous domination grecque et selon la tradition juive, Alexandre le Grand la visite. Jérusalem échoit ensuite au général Séleucos, mais le Lagide Ptolémée s'en empare et Jérusalem est sous domination égyptienne jusqu'à la bataille du Pannion en -198, remportée par Antiochos III Megas contre Ptolémée V. Antiochus IV Epiphane tente d'helléniser complètement la ville et dédie le temple à Zeus, ce qui provoque la révolte dite des Macchabées (Hasmonéens), qui aboutit à l'établissement de leur dynastie sur la terre d'Israël. Simon Macchabée, après une longue guerre, obtint de Démétrios Nicator la reconnaissance de l'indépendance juive en -141. Cependant, à la suite de dissensions intestines, les Hasmonéens demandent l'arbitrage des Romains, et en 63 av. J.-C., les troupes de Pompée pénètrent dans la ville, rapidement placée sous « protectorat » romain. Ceux-ci choisissent d'établir comme roi Antipater l'Iduméen. Son fils, Hérode, embellit la ville et s'y construit un palais. Surtout, il rénove le Temple et double la superficie de son esplanade. La forteresse Antonia accolée au temple abrite la garnison romaine. C'est là que débute la narration du Nouveau Testament de la Bible chrétienne.

Période romaine (6 av. J.-C. - 638)

Pour les chrétiens, aux alentours de l'an 33, Jésus de Nazareth ou Jésus-Christ y fut condamné à mort et exécuté sur une colline voisine de la ville, Golgotha. Suit la première révolte des Juifs de 66, racontée en détails par Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs. Cette révolte est réprimée et écrasée en 70 après J.-C., entraînant la destruction quasi-complète de la ville par Titus. Les Juifs sont massivement exilés et dispersés dans l'empire : c'est la constitution de la Diaspora, et la narration du Nouveau Testament se termine sur cet épisode. Selon une anecdote non validée par les historiens, le Colisée construit par Vespasien aurait été financé avec le butin provenant de Jérusalem. L'arc de Titus à Rome représente d'ailleurs la victoire des Romains emportant la Ménorah de Jérusalem. Carte de Jérusalem en mosaïque du L'empereur Publius Ælius Traianus Hadrianus — Hadrien — rebâtit la ville pour les Romains. La construction d'un temple, dédié au dieu romain Jupiter Capitolin, sur le site du l'ancien temple d'Hérode, provoque une ultime révolte menée de 132 à 135 par Bar-Kokheba. À la suite de l'écrasement de cette révolte, Hadrien renomme la ville Colonia Ælia Capitolina selon son propre nom de « gens » Ælius (pour les Latins équivalent du nom de famille actuel), et en l'honneur du dieu Jupiter Capitolinus. « Colonia » signifie colonie, et précise le statut de la cité. Les Juifs seront interdits de séjour dans la ville pendant près de deux siècles. Au la mère de Constantin, Hélène, visite Jérusalem, tentant d'y identifier les lieux saints et y parvient, puisque Hadrien avait également construit des temples païens sur les sites du Saint-Sépulcre et de la Nativité (à Bethléem). En 324, Constantin restitue son nom à la ville Jérusalem, mais le nom de la province, Palæstina, ne sort pas de l'usage. En 451, le patriarcat de Jérusalem est créé. La ville Ήὰγία πόλις Ίερουσα (Hagiapolis Ierusalem, Cité Sainte) ou Hierusalem, est représentée sur plusieurs mosaïques chrétiennes du Ve aux VIIIe siècle, en particulier sur la Carte de Madaba (env. 560-565).

Moyen Âge : période musulmane et croisades (638 - 1516)

Croix de Jérusalem La ville fut prise par les Perses de Chosroès II en 614, reprise par les Byzantins en 629, puis conquise par les Arabes en 638 après un siège de deux ans. Les musulmans y érigèrent le Dôme du Rocher sous Abd Al-Malik (687-691). Al-Walid construit la Mosquée Al-Aqsa (vers 705-715). Harun al-Rashid garantit à Charlemagne la protection des lieux saints, ce qui permet le développement du pèlerinage. En 1009, le calife Al-Hakim détruit l'Anastasis, l'église du Saint-Sépulcre construite sous Constantin. Plusieurs chefs musulmans tour à tour attaquèrent et conquirent Jérusalem. Les Turcs Seldjoukides contrôlèrent la ville à partir de 1071 et les Fatimides la prirent en 1098 juste un an avant qu'elle ne fût prise par les Croisés. À partir du , les chrétiens lancèrent une série de croisades pour « libérer » la ville et avoir accès à leurs lieux saints. La première croisade aboutit à la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099 et le massacre de sa population musulmane et juive. Elle devient la capitale du Royaume latin de Jérusalem. La ville est reconquise par Saladin le 2 octobre 1187. Elle fut à nouveau ouverte aux chrétiens entre 1229 et 1244 puis repassa sous contrôle exclusif musulman. En 1267, Nahmanide ou Ramban crée la synagogue La synagogue Ramban qui porte toujours son nom et qui est à l'origine du retour des juifs dans cette cité après les massacres de la première croisade. En 1342, les Mamelouks autorisent les Frères mineurs à s'y réinstaller. Les pèlerinages peuvent reprendre.

Période ottomane (1516 - 1917)

Le 30 décembre 1516, Sélim I fit son entrée à Jérusalem et la ville passe sous domination ottomane. Son fils Soliman II, dit le Magnifique, pourvut la ville d'aqueducs, de portes et de murs, qui existent encore aujourd'hui, et donna à la vieille cité l'aspect qu'elle a gardé pendant quatre siècles. Après sa mort, le déclin de la ville commence ; les pèlerinages latins se raréfièrent et la communauté grecque orthodoxe, dont les sujets étaient ottomans, acquit une position plus forte dans les Lieux saints. En 1555, Charles Quint obtint de reconstruire la chapelle du Saint-Sépulcre, qui devint ainsi propriété latine. Deux œuvres du Tasse se réfèrent à Jérusalem : La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata, 1580) et La Jérusalem conquise (1593).

Mandat britannique (1917 - 1948)

En décembre 1917, le général Allenby entre à pied dans Jérusalem. La ville reste sous mandat britannique jusqu'en 1948, dans un climat d'instabilité (attentats terroristes, violences). À partir de 1918, des quartiers juifs virent le jour à l'ouest et au sud de la vieille ville et le nombre des réfugiés juifs d'Europe centrale augmente sensiblement. Cette implantation juive accrue provoqua des réactions arabes, qui éclatèrent à Jérusalem en 1920 et 1928. Le haut-commissaire anglais Herbert Samuel freina l'immigration juive dans une certaine mesure. En 1933, avec la montée du nazisme, les Britanniques commencèrent à s'orienter vers un partage du pays, Jérusalem devant se trouver sur la ligne frontière, à titre de ville ouverte. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne voulant limiter l'entrée en Palestine des nombreux rescapés juifs des camps hitlériens d'autant que les revendications arabes devenaient plus vives, la tension contre le gouvernement anglais monta rapidement des deux côtés. Le , l'Irgoun, organisation juive clandestine, fit sauter une aile de l'hôtel King David, siège de l'administration britannique. Des combats à Jérusalem entre Juifs et Arabes ont commencé dès novembre 1947.

Histoire contemporaine (1948 à nos jours)

L'après-midi du , David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël. Le 27 mai, la Légion arabe contraint les Israéliens à évacuer la Vieille Ville. Le 6 juin, les Israéliens parviennent à relier la ville au reste du pays (la route de Birmanie). En juillet, l'aviation arabe bombarde la ville. Le , le Conseil de sécurité des Nations unies impose la fin des combats. Dès lors, la ville se retrouve partagée entre une partie occidentale contrôlée par Israël et une partie orientale (y compris toute la vieille ville) contrôlée par la Jordanie, séparées par un no man's land. La circulation entre les deux parties est quasi-impossible. La plupart des lieux saints, ainsi que le quartier juif de la vieille ville (vidé de ses habitants) se trouvent alors sous contrôle jordanien. Toutes les synagogues de la vieille ville sont saccagées ainsi que le cimetière du Mont des Oliviers (dont une partie des pierres tombales sont utilisées pour construire des latrines). En 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël contrôle l'ensemble de Jérusalem. Les juifs retrouvent leurs lieux saints, tandis que pour la plupart des Arabes (chrétiens ou musulmans, des États arabes ou des territoires occupés), l'accès à Jérusalem et à ses lieux saints devient de facto plus difficile. Israël proclame Jérusalem « capitale éternelle et indivisible de l'État d'Israël » et annexe en 1982 puis en 1993 des territoires supplémentaires dans les limites de l'État d'Israël et de la municipalité de Jérusalem. Plus récemment, des implantations à l'Est de Jérusalem et le tracé de la « barrière de sécurité » contribuent également à modifier l'équilibre démographique et la structure économique en faveur du caractère juif de Jérusalem.

La ville « trois fois sainte »

Le mur des lamentations à Jérusalem Christ) à Jérusalem (icône ukrainienne vers 1570) Vue générale du dôme du Rocher. troisième lieu saint pour des musulmans La ville de Jérusalem est considérée comme « trois fois sainte » car elle contient les lieux les plus sacrés des religions juive et chrétienne et le troisième lieu saint de l'islam :
- Mur des Lamentations, vestige du Temple ;
- Église du Saint-Sépulcre ;
- Dôme du Rocher et Mosquée Al-Aqsa. Jérusalem est un site privilégié :
- pour les Juifs depuis plus de 2500 ans car Jérusalem est considérée à la fois comme un lieu important des pérégrinations bibliques des patriarches hébreux ; la capitale du roi David et plus tard du royaume juif hasmonéen ; la ville où le culte religieux était rendu à l'époque des deux Temples et où demeure le Mur des Lamentations, vestige du Temple et lieu de prière; un lieu de pèlerinage religieux au cours des trois fêtes de pèlerinage; et le symbole entretenu au cours des siècles d'un retour du peuple juif dispersé, l'année prochaine à Jérusalem ;
- par les chrétiens depuis le et les récits de la vie de Jésus de Nazareth telle que décrite dans les Évangiles, depuis sa montée au Temple de Jérusalem jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection, selon le dogme chrétien ; consécutivement, on y trouve et on y vénère aussi des souvenirs de Marie de Nazareth, de saints Étienne et Jacques qui y furent martyrisés, etc. Sainte Hélène, mère de Constantin, et les empereurs byzantins y érigèrent des sanctuaires somptueux sur les lieux saints. Ce lien entre les chrétiens et Jérusalem a également été entretenu par les Croisades successives en Terre Sainte au Moyen Âge. Jérusalem fut la capitale du Royaume latin de Jérusalem de 1099 à 1187. Elle est l'un des patriarcats historiques (avec Rome, Antioche, Alexandrie, Constantinople) ;
- par les musulmans depuis le , à la fois pour toutes les raisons précédemment citées et également parce que la tradition fait de Jérusalem le lieu d'où Mahomet aurait effectué son voyage nocturne. Il est à noter que le Coran ne mentionne jamais explicitement le nom de la ville, mais décrit comment Mahomet, étant arrivé à la Mosquée la plus lointaine, monte au Ciel (al Mi`raj: l'ascension) accompagné par l'ange Gabriel. De 638 à 1917, Jérusalem fut plusieurs fois dominée par des dynasties islamiques sans qu'aucune ne la prenne pour capitale. Ce fut un lieu de pèlerinage, notamment lorsque de grands projets architecturaux furent réalisés par les Omeyyades et plus tard par les Mamelouks. .

La question du statut de Jérusalem

Le statut de la ville, sous administration civile israélienne depuis la guerre des Six Jours, est contesté. La «ligne verte» sépare Jérusalem-Ouest (Israël) et Jérusalem-Est (territoire occupé). Pour les parties en présence, le statut de Jérusalem reste une question clé de la résolution du conflit israélo-palestinien. La loi fondamentale israélienne de 1980, qui entérine le statut de la ville en capitale « éternelle et indivisible », est décrite par du Conseil de sécurité de l'ONU comme une « violation du droit international ». En 2000, l'Autorité palestinienne vote une loi établissant Jérusalem capitale d'un futur État, cette loi est ratifiée en 2002.

Première proposition de l'ONU

À l'expiration du mandat britannique, le plan de partage de la Palestine de 1947 prévoyait que Jérusalem devienne un Corpus Separatum sous contrôle international et indépendant de ce qui devaient devenir un État palestinien arabe et un État hébreu. Cette séparation devait ainsi garantir à tous les cultes le libre accès à tous les lieux saints en sécurité.

Armistice de 1949

Après la Déclaration d'Indépendance de l'État d'Israël en 1948 et la guerre qui s'ensuit, la ville se retrouve divisée entre une partie occidentale annexée par Israël et une partie orientale (comprenant toute la vieille ville) annexée par la Jordanie, séparées par un no man's land. En 1949, Jérusalem-Ouest est proclamée capitale d'Israël. En 1967, Tsahal conquiert Jérusalem-Est et Israël déclare Jérusalem réunifié, sa capitale « éternelle et indivisible ». Toutefois, la quasi-totalité des États ont maintenu jusqu'à ce jour leurs ambassades à Tel-Aviv (pour Israël) car le droit international a jugé nulle cette modification du statut de la ville.

Situation après 1967

En 1967, Israël réunifie l'ensemble de la ville de Jérusalem à l'issue de la guerre des Six Jours. Les Juifs ont alors à nouveau accès à leurs lieux saints, tandis que l'accès à l'Esplanade des Mosquées et aux lieux saints musulmans est règlementée. La gestion de l'esplanade fut confiée plus tard à un organisme palestinien, le WAQF. À l'issue de la guerre des Six Jours, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté la résolution 242 (1967) qui, selon les interprétations, peut concerner ou non le statut de Jérusalem-Est.

Proclamations israéliennes

En 1980, la Knesset déclare Jérusalem capitale « éternelle et indivisible » lors d'une loi fondamentale israélienne : la Loi de Jérusalem. Les différents pouvoirs israéliens, législatif, exécutif, judiciaire et administratif, sont regroupés à Jérusalem.

Déclarations palestiniennes

Certains mouvements palestiniens ont proclamé Jérusalem, ou sa seule partie orientale, comme capitale d'un futur État, ou capitale de l'État non reconnu mondialement et proclamé en 1988.

Position de l'ONU

La position de l'ONU concernant Jérusalem est liée à la résolution 181 de l'Assemblée générale ainsi que les résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité qui en découlent. Le Conseil de sécurité, dans sa résolution 478, déclare que la loi israélienne établissant Jérusalem capitale « éternelle et indivisible » est nulle et non avenue, et constitue une violation du droit international. La résolution invite les États membres à retirer leur mission diplomatique de la ville. Les résolutions suivantes ont été adoptées par le conseil de sécurité des Nations unies. Elles concernent Jérusalem de manière explicite et tacite selon les interprétations :
- 1968 : résolution 252
- 1969 : résolutions 267 et 271
- 1971 : résolution 298
- 1980 : résolutions 465, 476 et 478
- 1990 : résolution 681
- 1996 : résolution 1073

Positions internationales

Avant la résolution 478, 13 pays avaient une ambassade à Jérusalem : la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l'Équateur, le Salvador, le Guatemala, Haïti, les Pays-Bas, le Panama, l'Uruguay, le Venezuela. Suivant les termes de cette résolution, les 13 ambassades ont été déplacées à Tel-Aviv. Les ambassades respectives du Costa Rica et du Salvador ont de nouveau été déplacées pour Jérusalem en 1984. En 2004, seuls ces deux États ont une ambassade à Jérusalem. Mais en 2006, ces deux États décident aussi de transférer leurs ambassades à Tel Aviv. D'autres consulats étrangers, comme le consulat général de Grèce, le consulat français, ainsi que ceux du Royaume-Uni et des États-Unis situés à Jérusalem ont pour attribution les Territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est. Les ambassades de la Bolivie et du Paraguay sont quant à elles dans la banlieue de Jérusalem, à Mevasseret Zion. Les Pays-Bas ont un bureau à Jérusalem qui traite presque exclusivement des affaires concernant les Israéliens.

Position des États-Unis

Les États-Unis ont fait passer une loi au Congrès en 1995 établissant que « Jérusalem devrait être reconnue capitale de l'État d'Israël », et que l'ambassade américaine devrait être déplacée à Jérusalem au plus tard le . Depuis, le déménagement de l'ambassade a systématiquement été reporté, deux fois par an, par le président américain. Les termes de ces reports précisent cependant que l'administration est engagée dans le processus de déplacement de l'ambassade à Jérusalem. Une des conséquences de la loi de 1995 est que les documents officiels américains abordent Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Position du Royaume-Uni

Le Royaume-Uni considère que le statut de Jérusalem doit être défini par des négociations entre les parties israélienne et palestinienne. Ce pays reconnaît le contrôle de fait d'Israël sur la partie occidentale de la ville mais considère Jérusalem-Est comme territoire occupé et ne reconnaît aucune souveraineté sur la ville.

Revendications pour une internationalisation de la ville

Des représentants de la population chrétienne de la ville expriment régulièrement le souhait de faire de Jérusalem une ville internationale.

Le devenir de Jérusalem

Liens entre Jérusalem, le judaïsme et l’État d'Israël

Depuis la destruction du temple de Jérusalem et la dispersion du peuple juif, le judaïsme a toujours évoqué un retour à Jérusalem, ancienne capitale du Royaume d'Israël de David. L'identité juive est restée liée à Jérusalem à travers l'héritage biblique et historique qui a continué à être transmis et enseigné de générations en générations depuis le second exil dit « de Rome » du Peuple juif. Le premier exil babylonien avait déjà entraîné un premier retour des Juifs sur la Terre promise pour reconstruire le Temple. Ainsi, tous les ans durant la fête de Pessa'h (pâque juive), les mots L’an prochain à Jérusalem viennent clôturer les cérémonies. La prière quotidienne traditionnelle bénit la construction de Jérusalem et appelle au retour des exilés. Cette aspiration au retour à Sion est restée vive au fil des siècles et est devenue une revendication politique avec la naissance du sionisme politique à la fin du comme solution à l’antisémitisme européen. D'un point de vue politique, Jérusalem fut proclamée capitale de l’État israélien en 1949. Mais Israël n’avait pas accès au Mur des Lamentations alors sous contrôle Jordanien. Il faudra attendre la guerre des Six Jours pour que la partie Est de Jérusalem (qui inclut les lieux saints) soit prise militairement aux Jordaniens et à la légion arabe : la vieille ville passe ainsi entièrement sous contrôle israélien. La communauté internationale n'a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem. Il s'agit des résolutions 242 et 478 du Conseil de sécurité condamnant l’action d’Israël dans les territoires occupés durant ce conflit. L'interprétation de cette résolution est controversée. Israël s’est attaché entre 1967 et 1988 à la restauration du quartier juif dévasté par l’occupation arabe mais aussi à accroître la population juive dans la ville.

Liens entre Jérusalem, l’islam, le christianisme et les Palestiniens

Jérusalem est le lieu de rencontre des trois grandes religions monothéistes, comme développé plus haut. Les Palestiniens comprennent deux communautés religieuses principales, chrétienne et musulmane. Les chrétiens d'Orient n'ont plus émis de revendications sur Jérusalem depuis la fin du Royaume de Jérusalem. Ils ont toutefois continué à vivre en Palestine, à entretenir certains lieux de pèlerinage importants et ils ont vécu la création de l'État d'Israël comme une rupture. C'est parmi les Arabes chrétiens que l'on trouve les plus fervents soutiens à une internationalisation de Jérusalem, comme proposée en 1947. L'islam a déclaré Jérusalem comme sa troisième ville sainte pour des raisons religieuses : c'est là que les musulmans se réuniront le jour du Jugement Dernier. Les interprétations ont établi que Jérusalem était le lieu d'où Mahomet aurait effectué son voyage nocturne. La mosquée de Jérusalem s'appelle El Aksa, ce qui veut dire « le plus éloigné ». C'est de là que vient la confusion : le voyage nocturne vers un lieu de culte « le plus éloigné » de Mahomet est nommé dans les hadiths. Mahomet change la direction de la prière depuis Jérusalem au début de l'islam vers La Mecque, probablement pour se démarquer des traditions chrétiennes et juives. Les organisations palestiniennes ont revendiqué pour la première fois cette ville en 1968, dans le pacte de l'OLP, comme la troisième ville sainte de l'Islam. Elle était absente du pacte de l'OLP de 1964. L'OLP « laïque » de Yasser Arafat s'est souvent positionnée dans le sens de ces revendications. Il a toujours refusé au cours des négociations d'avoir une autre capitale que Jérusalem. L'Autorité palestinienne a aujourd'hui pour siège principal la ville de Ramallah. L'OLP possédait à Jérusalem un siège officieux, la « Maison d'Orient », dirigée par Fayçal Husseini ; en 2001, cette institution a été fermée de force. Jérusalem est la ville d'origine de réfugiés palestiniens qui souhaitent revenir y vivre. La question du statut final de la ville est ainsi intimement liée à la question des réfugiés palestiniens.

Politique israélienne à Jérusalem-Est

Depuis 1967, les gouvernements israéliens successifs, quel que soit le parti au pouvoir, s'évertuent à transformer la physionomie de Jérusalem. Il existe une volonté politique de modifier l'écart démographique à l’Est, peuplé essentiellement par les Palestiniens ( environ en 1967). L'État d'Israël a toujours refusé catégoriquement toute politique d’expulsion des Arabes. Outre des raisons juridiques humanistes, il s'agit toujours de mettre en avant une quête de reconnaissance internationale. À la place de cette politique primaire, Israël a établi un projet d’agrandissement de la ville par la construction de quartiers juifs. Le politologue Frédéric Encel le comprend comme une façon de « détruire l’influence palestinienne en modifiant l’équilibre géographique de la ville ». Le Sénat français a constaté que l'écart démographique progressait en faveur des Israéliens effectuée en Israël et dans les Territoires palestiniens du 25 au .. Mur de séparation à Jérusalem est, vu depuis la Vieille Ville. Haut de 8 mètres, il isole Jérusalem de la Cisjordanie. L'ambition consiste à encercler les quartiers arabes par une politique d’expropriation des terrains entourant les limites municipales de 1967. Cet état de fait est accentué par le tracé du projet de barrière de séparation par le Monde Diplomatique. qui devrait entourer les colonies de peuplement d'Adounim à à l'est de Jérusalem et destiné, selon Israël, à diminuer le nombre d'attentats terroristes palestiniens. De plus, selon le Conseil Économique et Social des Nations, il existe une politique de discrimination sur les permis de construire par la Commission internationale de juristes., favorisant les constructions pour les Juifs. Quelques chiffres mettent en avant cette réalité :
- Jérusalem-Est faisait en 1967. Et par l'effet de cette politique, par la construction de quartiers juifs.
- en 1967, il y a habitants = Juifs (74 %) et Arabes (21 %).
- en 2004, il y a habitants = Juifs (65 %) (dont à l’Est) et Arabes (32 %). Cette politique se traduit dans le plan qui a été proposé par Benjamin Netanyahou et approuvé le par la Knesset sous le nom de « Grand Jérusalem », bien que le , les Nations unies ont demandé à Israël de renoncer à ce plan. Il faut ajouter à cela la mise en place d'une ceinture de blocs de colonies de peuplement juif autour de la ville au nord (Giv'at Zeev), au sud (Goush Etzion) et à l’est (Ma'ale Adoumim) qui augmente la taille de Jérusalem à . La superficie totale de la métropole de Jérusalem unifiée en comptant la ceinture de colonies de peuplement est donc égale à environ , c'est « le Très Grand Jérusalem » qui est relié administrativement et par structure de conurbation des infrastructures (transports, autoroutes). Au total du décompte, la population de cette métropole compte désormais plus de habitants dont plus de Arabes environ. Malgré les efforts des politiques israéliennes, la population arabe a augmenté proportionnellement depuis 1967, France-palestine.org passant de 20 % en 1967 à 32 % en 2004. Cela est notamment dû à l'écart du taux de natalité en faveur des Arabes. Cependant, depuis 2005, les indices conjoncturels de fécondité des populations juives et arabes de Jérusalem sont au même niveau de 3, 9 enfants par femme — conséquence de la baisse significative de la natalité arabe enregistrée depuis quelques années , haaretz.com.. L'autre raison majeure est le déficit migratoire de la ville, puisque chaque année environ 6 ou habitants quittent la ville de plus que ne viennent s'y installer. La majorité part habiter dans la proche banlieue de Jérusalem où les coûts du logement sont nettement inférieurs. Mais la population arabe est désormais enclavée. Ainsi, l'extension de Jérusalem a eu pour effet d'édifier une ceinture urbaine disjoignant les quartiers arabes de Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. Le « Grand Jérusalem » ne repose pas totalement sur des territoires accordés par le droit international à l’État d’Israël et la construction de la barrière de séparation impose de fait des frontières non reconnues à l’est de Jérusalem.

L'avenir de Jérusalem dans le processus de paix

Les propositions sur Jérusalem font partie du débat politique en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Si les propositions faites par Ehoud Barak au sommet de Camp David II en 2000 de partager la ville ont été refusées par Yasser Arafat et ont vraisemblablement conduit le premier ministre israélien à la défaite aux élections anticipées qui ont suivi, les mêmes difficultés sont ressenties par le leadership palestinien. Arafat puis de Mahmoud Abbas ne peuvent en aucun cas céder sur la question de Jérusalem, de peur d'être pris de vitesse par les mouvements islamistes comme le Hamas. Toute solution qui n'inclurait pas Jérusalem (au moins sa partie orientale) comme capitale d'un futur État serait perçue comme une défaite. De la même façon, la base populaire israélienne ne peut supporter, d'après des sondages datant du début de la Seconde Intifada, de remettre en question la souveraineté israélienne sur Jérusalem. La question de la légitimité de chacune des deux parties sur Jérusalem entraîne également des débats d'ordre archéologique. Les Israéliens ont entamé depuis 1967 des recherches pour apporter les preuves de l'existence du Temple de Jérusalem. Palestiniens et Israéliens s'accusent réciproquement de mener des travaux les uns pour détruire de nouvelles preuves de cette existence, les autres pour fragiliser les fondations des mosquées de la vieille ville. (D'après les experts israéliens, les fondations des mosquées ont été fragilisées par plusieurs tremblements de terre au cours des derniers siècles.) La discussion sur l'utilisation des expressions mont du Temple/esplanade des mosquées est significative par rapport aux soucis des deux parties de gagner la bataille de la légitimité sur Jérusalem. En 2005, la question du statut et de l'éventuel partage de Jérusalem reste au cœur du futur processus de paix mais aucune tentative de négociations n'a plus été entamée sur ce point depuis le sommet de Taba.

Géographie et démographie

Géographie

Jérusalem est localisée à , sur l'extrémité d'un plateau à d'altitude entre la mer Méditerranée et la mer Morte et couvre . La ville est entourée de toutes parts de plusieurs vallées, parmi lesquelles celles au nord sont moins prononcées que celles situées dans les autres directions. Les deux principales se trouvent au nord-ouest de la ville actuelle.

Économie

Bien que Tel Aviv reste le centre financier d'Israël, un nombre grandissant de sociétés high tech quittent Tel Aviv pour Jérusalem. La zone industrielle Har Hatzvin située au nord de la ville accueille plusieurs grandes sociétés israéliennes comme Intel, Teva Pharmaceutical Industries, et ECI Telecom. Depuis la création de l’État d’Israël, le gouvernement est demeuré un acteur majeur dans l'économie de la ville. Le gouvernement ne génère pas seulement un grand nombre d'emplois mais œuvre à offrir les conditions propices à la création d'entreprisesThe Politics of Jerusalem Since 1967 Michael Dumper, isbn=0231106408, , Columbia University Press, pages=207–10. Parmi les principales productions de Jérusalem : fabriques de chaussures, textiles, pharmaceutiques, produit de métaux, et articles imprimes. Les usines sont situées principalement dans la zone industrielle d'Atarot au Nord de Jérusalem, le long de la route de Ramallah. L'économie de Jérusalem reste toutefois centrée sur le tourisme et les entreprises publiques.

Lieux remarquables

Jérusalem est le lieu d'un nombre important de monuments à signification religieuse ou historique, comme le mur des lamentations appelé aussi mur occidental, la mosquée Al-Aqsa, l'église du Saint-Sépulcre. C'est également le lieu d'établissement de plusieurs institutions gouvernementales israéliennes, comme la Knesset, ou des institutions comme l'Université hébraïque ou l'École biblique et archéologique française. Plusieurs sites archéologiques existent à Jérusalem, notamment les Étables de Salomon, la Cité de David, etc.

Démographie

Au sein de la population juive, les ultra-orthodoxes (
haredim'') pèsent pour près du tiers, les orthodoxes non haredim sont environs 10 %, et les 60 % restant sont des traditionalistes (pratique religieuse partielle) ou des laïcsSelon une étude de 1998 du professeur Sergio DellaPergola, de l'Université hébraïque de Jérusalem, citée par Elli Wohlgelernter, « Haredi population in Jerusalem not likely to take over », Jerusalem Post du 23 janvier 1998. reproduit sur le site du ..

Notes et références

Voir aussi

Personnalités

- Abd Allah ibn Hussein, roi de Jordanie (1949-1951) assassiné par un Palestinien à Jérusalem. ===
Sujets connexes
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