Alexandre Adler

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Alexandre Adler (né à Paris le 23 septembre 1950) est un historien et journaliste français, spécialiste de géopolitique internationale.
Alexandre Adler

Alexandre Adler (né à Paris le 23 septembre 1950) est un historien et journaliste français, spécialiste de géopolitique internationale.

Biographie

D'origine juive allemande, la famille d'Alexandre Adler est sauvée de la déportation et de l'extermination durant la Seconde Guerre mondiale avec d'autres familles juives par le gouvernement de la Turquie qui les accueille sur son territoire. Ancien cacique (major) de l'École normale supérieure et agrégé d'histoire, il adhère au Parti communiste français, qu'il quitte, désillusionné, pour adhérer au Parti socialiste. Alexandre Adler est marié à Blandine Kriegel, fille du député et résistant communiste Maurice Kriegel-Valrimont.

Carrière

Éditorialiste successivement aux quotidiens Libération, Le Monde, puis aux hebdomadaires L’Express, Le Point, et Courrier international, ainsi que collaborateur du site Internet Proche-orient.info (qui n'existe plus), il est aujourd'hui membre du comité éditorial du quotidien Le Figaro, et chroniqueur sur la station de radio publique France Culture. Il est par ailleurs auditeur à l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), et professeur pour l'enseignement militaire supérieur détaché au ministère de la Défense. Il a occupé la chaire des relations internationales du collège interarmées de défense de 1992 à 1998. Il était conseiller du précédent président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman. Alexandre Adler est réputé pour sa connaissance des différents acteurs internationaux de la géopolitique et d'événements locaux rarement évoqués dans l'ensemble des médias français. Il raconte volontiers que dans les années 1970, un abonnement à une revue de chasse soviétique lui permettait de deviner les dates des essais atomiques en fonction de l'interdiction d'accès de certaines zones. Comme il le rappelle fréquemment, par exemple dans ses chroniques sur France Culture, il était proche du bloc soviétique pendant les années 1970. Sa vision de l'histoire est largement inspirée par la méthodologie de Fernand Braudel, comme en atteste son intérêt pour la longue durée. Ses analyses géopolitiques montrent son goût pour les anticipations audacieuses (certaines se révélant exactes, d'autres non comme la victoire de John Kerry à l'élection présidentielle de 2004) et pour les théories parfois surprenantes, comme lorsqu'il affirme que lors de la guerre contre le Canada en 1812, les États-Unis auraient renoncé assez vite à conquérir le Canada car ils ne voulaient pas en fin de compte intégrer un bloc de population francophone aussi importantDans J'ai vu finir le monde ancien, théorie qui semble avoir surpris les spécialistes du sujet selon . Alexandre Adler a été le conseiller historique de William Karel sur la série de documentaires CIA : Guerres secrètes. Il a présenté pendant plusieurs années le magazine Histoire de comprendre, l'introduction aux Mercredis de l'Histoire sur Arte, et est fréquemment l'invité de l'émission Ripostes sur France 5. Avec Olivier Pastré, Alain-Gérard Slama et Olivier Duhamel, il est l'un des quatre chroniqueurs de l'émission de radio Les Matins de France Culture. Le 19 janvier 2007, le Président de la République, Jacques Chirac, lui remet la médaille d'officier de l'Ordre National du Mérite.

Parcours idéologique : du communisme au néoconservatisme

D'abord affilié avec sa femme Blandine Kriegel aux groupuscules maoïstes puis au Parti communiste (où ce kremlinologue fut notamment l'un des conseillers de Georges Marchais), il rompt avec le marxisme à la toute fin des années 1970 et entame une évolution politique vers le centre-gauche puis le centre-droit et enfin vers la droite. En 1978 encore, il défendait contre ses détracteurs le soutien du PCF à l'URSS sur le plateau d’Apostrophes. Par la suite, ses prises de position concernant l'histoire de l'Union soviétique restent controversées, comme en témoigne la polémique autour des Aveux de Moscou de Karel Bartosek. Opposé au mouvement altermondialiste, qu'il décrit comme « ennemi de la liberté », il est l'un des intellectuels français les plus proches de la philosophie politique américaine. Par ailleurs ardent défenseur de l'État d'Israël et du sionisme, c'est dans cette optique que cet ami de Condoleezza Rice sera l'un des rares intellectuels français à souhaiter la victoire de George W. Bush contre Al Gore à la présidence des États-Unis. Dénonçant régulièrement « le simplisme » dont il estime que les Français font preuve dès qu'il s'agit de parler des Américains, il soutient la guerre en Afghanistan et la guerre en Irak en 2001 et 2003. Il regrette par la suite les erreurs commises dès les débuts de l'occupation américaine et en 2004 apporte un soutien réticent à John Kerry contre George W. Bush, saluant « le courage dont avait fait preuve ce dernier »Chronique parue dans Le Figaro en octobre 2004.. Il affirme cependant « ne pas croire au choc des civilisations » entre le judéo-christianisme et le monde musulman« Arrêt sur Images » du 26 avril 2004.. Alexandre Adler a participé à au moins une réunion du BilderbergSelon et le journaliste indépendant Bruno Fay.. En France, il soutient Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de 2007 et défend régulièrement ses activités de président dans sa chronique sur France culture. Il y annonce le 9 juillet 2007 la fin imminente de la Belgique et prédit le 25 août dans Le Figaro que « comme Helmut Kohl en 1990, Nicolas Sarkozy a donc toutes les chances de devoir gouverner une France plus grande" agrandie de la Wallonie et de Bruxelles ». Le jeudi 11 octobre 2007 dans sa chronique des matins de France Culture en direct de Bruxelles il prédit : « Au cours des prochaines élections, les Wallons voteront avec les Français ».

Polémiques

Alexandre Adler est l'objet de nombreuses critiques depuis son passage politique vers la droite, et pas seulement de la part des milieux intellectuels de gauche. Le directeur de Courrier international, Philippe Thureau-Dangin, estime que les visions d'Adler sont toujours « du coté du manche ». Adler négligerait des problèmes tels que la pauvreté dans le tiers-monde ou l'environnement. Son approbation de la guerre en Irak et son soutien à la politique étrangère du président Bush et des néoconservateurs de l'administration américaine sont critiqués par une partie des intellectuels françaisCette doctrine, qui est parfois présentée comme proche de l'école réaliste chère à l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger, est en fait rejetée par les théoriciens majeurs du réalisme tels que Kenneth Waltz et John Mearsheimer, qui ont dénoncé cette guerre dès sa préparation. Ils estimaient qu'elle était inutile et allait à l'encontre de l'intérêt national, voir notamment leur article « An Unnecessary War ».. Son engagement en 2002 au côté d'un avocat juif militant de droite (Gilles-William Goldnadel) contre le journaliste (engagé à gauche) de France-Inter, Daniel Mermet, accusé de provocation antisémite en dépit d'une pétition de signatures soutenant le reporter connu pour ses engagements altermondialistes et ses reportages sur la Shoah. Le 13 octobre 2003, lors d'une interview au journal Proche-orient.info, Adler qualifie Daniel Mermet de « journaliste brejnévien » en raison de ses positionnements politiques passés et qualifie également Bernard Langlois, directeur du Journal de gauche Politis, de « répugnant » et Rony Brauman, ancien directeur et président de Médecins Sans Frontières France, de « traître juif », faisant référence à ce qu'il considère comme des marques d'hostilité vis-à-vis d'Israël et des États-UnisDans un article paru , Mathias Reymond, chercheur en sciences sociales, rend compte de ce qu'il présente comme ses erreurs et ses prévisions ratées..

Publications

- Sociétés secrètes, Grasset, 2007.
- Comment sera le monde en 2020 ? (rapport de la CIA), 2005.
- Rendez-vous avec l'Islam, 2005.
- L'Odyssée américaine, Grasset, 2004.
- Au fil des jours cruels : 1992-2002 - Chroniques, Grasset, 2003.
- J'ai vu finir le monde ancien, Grasset, 2002 (prix du livre politique 2003).
- Le Communisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2001.
- Pour l'amour du peuple : un officier de la Stasi parle, Albin Michel, 1999.
- L'URSS et nous, Éditions sociales, 1978.

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
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