Pendaison

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Scène de pendaison, peinte par Pisanello La pendaison est le fait de suspendre une personne, au moyen généralement d'une corde, mais aussi parfois de chaînes, par le cou ou par d'autres parties du corps, soit à des fins de torture, soit en guise de peine de mort, soit dans un but de suicide ou de jeu mal inspiré. Elle entraîne une rupture du cou ou une suffocation, une impossibilité de respirer et enfin la mort. La pendaison peut également être accidentelle : parachuti
Pendaison

Scène de pendaison, peinte par Pisanello La pendaison est le fait de suspendre une personne, au moyen généralement d'une corde, mais aussi parfois de chaînes, par le cou ou par d'autres parties du corps, soit à des fins de torture, soit en guise de peine de mort, soit dans un but de suicide ou de jeu mal inspiré. Elle entraîne une rupture du cou ou une suffocation, une impossibilité de respirer et enfin la mort. La pendaison peut également être accidentelle : parachutiste tombant dans un arbre, personne faisant une chute et s'entortillant dans un lien… Ce moyen de donner la mort a toujours été très répandu dans la plupart des civilisations, car elle entraîne une mort rapide, facile (il suffit d'avoir une corde et un poteau ou un arbre) et sans aucune effusion de sang. Dans le cas des condamnations à mort, la pendaison a un aspect exemplaire car elle se pratique souvent en public et le corps reste sur le lieu de la pendaison plusieurs jours accroché à son gibet. De nos jours, la pendaison est encore utilisée très souvent, surtout dans le cas de suicide, de peine capitale (notamment au Royaume-Uni, jusqu'à son abolition, et au Japon) et plus rarement, de meurtre (dans la plupart des cas, quand le ou les meurtriers veulent faire passer un homicide pour un suicide.)

Traumatologie

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Pendaison par le cou

Deux mécanismes peuvent intervenir en cas de pendaison par le cou :
- pendaison avec chute (technique du Long drop) : l'arrêt net de la chute par la corde provoque une rupture des vertèbres cervicales ; l'arrachement de l'extrémité supérieure de la moelle épinière (le tronc cérébral) provoque une atteinte des centres nerveux qui commandent la respiration et certaines fonctions cardiaques, entrainant l'arrêt brutal de leur fonctionnement d'où une mort quasi instantanée ;
- pendaison sans chute (ou de faible hauteur): le mécanisme de la pendaison est la strangulation, la compression du cou entraînant selon le niveau de pression exercé :
-la compression des veines jugulaires, empêchant le retour du sang depuis la tête vers le cœur, d'où un œdème et une cyanose visibles au niveau de la face et de la langue, et un œdème cérébral entrainant une perte de connaissance assez lente suivie d'un décès assez tardif.
-la compression des artères carotides entraîne une ischémie cérébrale qui se traduit par une perte de connaissance rapide. Un cas particulier est la compression sur ces artères de capteurs de pression (les "glomi") qui entraîne un ralentissement extrême et immédiat du cœur jusqu'à la syncope et l'arrêt cardiaque.
- La compression des voies aériennes nécessite une très forte pression, et l'écrasement de la trachée est une éventualité rare, cette dernière étant protégée par des anneaux de cartilage. Plus fréquemment, c'est la base de la langue, repoussée par le lien, qui vient obstruer le carrefour des voies aériennes et digestives. S'ensuit une asphyxie du sujet. On distingue
- les pendaisons complètes : les pieds sont au-dessus du sol ;
- les pendaisons incomplètes : les pieds touchent le sol. Une pendaison incomplète est toujours une « pendaison lente ». Lors des pendaisons lentes, la mort ne survient qu'au bout de longues minutes, parfois plus de dix, et le condamné est secoué de spasmes, ses jambes cherchent désespérément un appui. Appelé « Gigoter au bout de la corde » ou encore « danse des pendus », ce spectacle réjouissait les nombreux spectateurs des pendaisons publiques. D'autre part, au Moyen Âge, les condamnés étaient exécutés nus, et l'on voyait le membre viril entrer en érection et éjaculer, pendant que le pubis des femmes gonflait et bleuissait par accumulation de sang. Lors de la montée du puritanisme, en certains lieux il fut décidé d'émasculer les condamnés et de faire porter une jupe aux condamnées.

Dépendaison

Face à un pendu, la première action doit être la dépendaison, seul moyen de sauver la vie de la personne, avec toutefois trois exceptions :
- il s'agit d'une pendaison judiciaire dans un pays pratiquant la peine de mort, ou bien d'un lynchage populaire ; dans ces deux cas, la dépendaison met en danger la vie du sauveteur ;
- la personne est visiblement morte depuis longtemps (signes de putréfaction) : la dépendaison n'apporte alors aucun bénéfice et risque de gêner l'enquête de police ;
- la personne est dans un endroit difficilement accessible avec un fort risque de se blesser en tombant (par exemple personne pendue en hauteur). Les deux risques liés à la dépendaison sont :
- le risque de chute de la victime, qui peut provoquer des traumatismes secondaires ;
- la mobilisation du cou en cas de traumatisme cervical. Dans l'idéal :
- une personne soutient la victime sous les bras et la soulève pour relâcher la pression de la corde ;
- une autre personne desserre la corde ou la coupe ;
- la victime est allongée au sol en essayant de maintenir la tête dans l'axe du dos, par exemple la personne qui a desserré la corde maintient la tête durant la manœuvre. La prise en charge est ensuite classique :
- appel des secours
- selon le bilan, mise en PLS si la personne respire, ou réanimation cardio-pulmonaire si elle ne respire pas (cas probable) ;
- immobilisation du cou par un collier cervical dès que possible. Si la priorité va à la survie de la victime, il convient d'essayer de perturber au minimum l'environnement pour l'enquête de police. En particulier, on s'attachera à conserver le nœud, élément important, en se contentant de le desserrer ou en coupant la corde au-dessus du nœud.

Histoire

Photo du lynchage de Lige Daniels à Center, au Texas le 3 août 1920 La pendaison a été pratiquée à toutes époques. Néanmoins, elle fut plus utilisée à certaines époques qu'à d'autres.
- Au Moyen Âge : on pendait surtout les voleurs. Parfois, la mort par bûcher était précédée par la pendaison afin d'éviter trop de douleurs à la victime (pratique dite du retentum) ;
- Lors du « Far-West » (É.-U.) : on pendait énormément de gens, surtout des voleurs et des tricheurs aux jeux, des hors-la-loi ;
- Lors de la Seconde Guerre mondiale : les nazis ont pendu énormément de personnes, c'était le moyen le plus utilisé après la fusillade. Ce type de meurtre était souvent public afin de faire régner la terreur au sein des populations civiles ou dans les camps de concentration, pour montrer l'« exemple ». Les nazis avaient même élaboré une technique qui consistait à attacher l'une des jambes du supplicié afin qu'elle ne touche pas le sol, laissant à l'autre le soin de supporter à elle seule le poids du corps. La fatigue aidant, le condamné finissait par se pendre lui-même, après de longues heures de tourments. La guerre finie, de nombreux traitres, beaucoup d'officiers allemands et de Nazis, ont été condamnés à mort par pendaison (avec ou sans procès officiel selon les cas) ;
- Actuellement : la pendaison reste un des premiers moyens utilisés pour se suicider (notamment en prison), surtout chez les hommes, avec les suicides par arme à feu. Dans beaucoup de cas (exécutions à la fin du procès de Nuremberg), la pendaison consiste à laisser tomber le corps depuis une certaine hauteur dans une trappe afin de provoquer une brutale rupture des cervicales (technique du Long drop, mise au point au par, selon les sources : soit les Britanniques, soit les Irlandais). La mort est dans ce cas instantanée mais on a relaté certaines exécutions durant lesquelles le condamné fut décapité à cause d'une trop grande énergie cinétique accumulée lors de la chute. Pour ces raisons, la longueur de la corde était donc limitée en fonction du poids du supplicié (des "tables de correspondance" avaient d'ailleurs été établies à cet effet par plusieurs bourreaux).

Pendaison par pays

La pendaison est toujours un mode légal d'application de la peine de mort dans des pays de droit tels que l'Inde, la Malaisie, Singapour et le Japon, de même que dans des pays islamiques suivant la charia, tels que l'Iran, le Soudan et l'Arabie saoudite.
Sous les Talibans, des pendaisons publiques eurent lieu au moyen des buts de football pendant les matches.
Dans les pays occupés par l'Allemagne Nazie entre 1939 et 1945, la pendaison lente fut la méthode d'exécution publique la plus employée. Elle s'appliquait de préférence aux partisans et trafiquants du marché noir. Les corps pendaient en général plusieurs jours au gibet à la vue de tous. Pendant l'occupation alliée de l'Allemagne, la pendaison fut appliquée à dix des douze condamnés à mort (Bormann fut condamné par contumace et Göring s'est suicidé la veille de l'exécution) du procès de Nuremberg ainsi qu'aux nombreux criminels de guerre retrouvés et jugés par les tribunaux internationaux. Après la signature de l'armistice, les résistants allemands furent exécutés par les méthodes propres aux forces d'occupation : les anglais pratiquèrent la pendaison ; les français, la décapitation par guillotine ; les américains et soviétiques, le peloton d'exécution.
Le dernier homme exécuté par pendaison en Australie fut Ronald Ryan, le 3 février 1967.
La potence autrichienne était spéciale. Il s'agissait d'un peloton avec un escalier pour faciliter l'accès du bourreau. Le délinquant devait se mettre dos au peloton, le bourreau chef lui mettait une corde autour du coup et la resserrait, pendant que deux assistants tiraient le délinquant par les jambes. Ainsi, aucun condamné n'avait à souffrir longtemps. La peine de mort fut abolie en 1918, réinstaurée en 1934 et réabolie en 1968. Encore aujourd'hui, en cas de crise grave, le Président fédéral a le droit d'instaurer des "Cours Populaires" qui peuvent prononcer la sentence de mort, qui sera exécutée par la pendaison.
Le Brésil appliqua la peine de mort par pendaison jusqu'en 1855. Des héros nationaux, tels que Tiradentes (en 1792) subirent ce châtiment. Le dernier condamné à mort fut Manoel da Motta Conqueiro, exécuté en 1855, bien qu'il fut innocent. Après cela, la peine capitale fut abolie dans ce pays.
Vasil Levski, héros national bulgare, fut exécuté par la cour ottomane à Sofia le 19 février 1873. Depuis la libération de la Bulgarie, des commémorations à la date anniversaire rassemblent des milliers de personnes au pied du monument marquant l'emplacement du gibet.
La pendaison fut la seule méthode d'exécution au Canada, jusqu'à l'abolition de la peine de mort en 1976. La dernière pendaison eut lieu le 11 décembre 1962.
Actuellement, seuls les états de Washington et du New Hampshire ont gardé le choix d'exécution par pendaison. Au Delaware, la loi a changé en 1996, imposant l'Injection létale, mais gardant la possibilité de pendaison pour les condamnés à mort par pendaison avant 1996. Ces derniers avaient alors le choix entre pendaison et injection létale. Billy Bailey, soumis à ce choix en 1996, opta pour la pendaison. Depuis, aucun condamné n'entre dans la catégorie et la potence a été démontée. D'une manière générale, pour les états pratiquant la peine de mort, la pendaison a été largement remplacée par d'autres méthodes, telles que la chaise électrique et l'injection létale. La dernière pendaison publique légalement menée aux États-Unis (qui fut également la dernière exécution publique du pays) fut celle de Rainey Bethea, le 14 août 1936 à Owensboro, dans l'état du Kentucky.
La pendaison est abolie après la révolution française de 1789 qui n'autorise que la guillotine et le peloton d'exécution (pour les tribunaux militaires) comme mode d'exécution. Auparavant la pendaison était utilisée principalement pour les voleurs.
En répression de l'insurrection de Budapest de 1956, le premier ministre Imre Nagy fut jugé et pendu en secret. Son corps fut incinéré sans cérémonie par le gouvernement hongrois soutenu par Moscou. Nagy fut réhabilité par la suite.
La Cour Suprême d'Inde a circonscrit la peine de mort aux cas d'une extrême rareté, comme celui de Dhananjoy Chatterjee, reconnu coupable du meurtre puis du viol en 1990 d'une adolescente de 14 ans à Kolkata. La manière dont le crime fut commis (l'accusé frappa d'abord violemment sa victime à l'aide d'un objet contondant avant de la violer alors qu'elle était en train de mourir) fut considéré de nature à appliquer la peine de mort. Un appel à la clémence fut lancé par le Président de l'Union Indienne, mais ne fut pas entendu. La pendaison, première exécution au Bengale-Occidental depuis onze ans, eut lieu le 14 août 2004.
Affiche dénonçant la pendaison de deux adolescents en Iran en juillet 2005 Plusieurs formes d'exécution cohabitent en Iran. En ce qui concerne la pendaison, elle est appliquée au moyen d'une grue mobile télescopique, soulevant le corps des condamnés.
- le 15 août 2004, une jeune fille de 16 ans, Atefah Rajabi Sahaaleh, a été pendue pour avoir commis des « actes incompatibles avec la chasteté ».
- le 19 juillet 2005, deux adolescents, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, âgés respectivement de 15 et 17 ans, furent pendus publiquement à Mashhad sur la place de la Justice, au motif d'homosexualité et viol.
- La pendaison était un mode d'exécution fréquent de la peine capitale sous Saddam Hussein, tout aussi fréquent de notre époque.
- Le 9 mars 2006, un officiel du Conseil Judiciaire Suprême d'Irak a confirmé l'exécution par les autorités iraqiennes de treize insurgés par pendaison, les premières exécutions officielles du pays depuis la restauration de la peine de mort en 2004.
-Le 5 novembre 2006, Saddam Hussein a été condamné à la peine de mort par pendaison pour crime contre l'humanité, puis pendu le 30 décembre 2006 à l'aube.
La seule exécution d'un condamné à mort en Israël fut celle du chef nazi Adolf Eichmann, pendu en 1962.
Le 27 février 2004, Shoko Asahara, cerveau des attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo, fut reconnu coupable et condamné à mort par pendaison. La pendaison est le mode d'exécution le plus employé au Japon, on y compte actuellement 88 personnes dans le couloir de la mort.
La peine capitale par pendaison remonte au règne des Saxons, vers l'an 400. La liste des bourreaux débute avec le nom de Thomas de Warblynton (années 1360). Cette liste devient complète à partir des années 1500 et se termine avec les noms de Robert Leslie Stewart et Harry Allen, qui menèrent les dernières exécutions en 1964. La peine de mort pour meurtre fut abolie par le parlement britannique en 1965, et, grâce à l'introduction de la loi sur les Droits de l'Homme en 1998, la peine de mort fut abolie pour tous les crimes, civils et militaires. La dernière femme exécutée par pendaison fut Ruth Ellis, le 13 juillet 1955, par Albert Pierrepoint, célèbre bourreau anglais du .
À Singapour, la pendaison se fait selon la méthode du long-drop en condamnation de crimes tels que le trafic de drogue, les enlèvements ou la possession illégale d'armes à feu. Parmi les cas les plus récents :
- Nguyen Tuong Van, un jeune australien de 25 ans, a été pendu le 2 décembre 2005 pour trafic de drogue en 2002. Les nombreux soutiens (gouvernement australien, Amnesty International) n'ont pas suffit à infléchir la décision des autorités singapouriennes.
- Un jeune Malaisien de 24 ans, Took Leng Hown, a été pendu pour meurtre le 2 novembre 2006.

En Union Soviétique, les derniers condamnés à mort par pendaison furent Andreï Vlassov et onze autres officiers de son armée, le 1946. Ce mode d'exécution étant réservé dans ce pays aux crimes de guerre.

Voir aussi


- Méthodes d'exécution
- Miracle du pendu-dépendu
- Pendaison de crémaillère
- Nœud de pendu ===
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