Frédéric Chopin

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Frédéric Chopin est un compositeur et pianiste polonais d'origine française, né le et mort le 17 octobre 1849 de la tuberculose pulmonaire. Son nom de naissance est Fryderyk Franciszek Chopin, il adopta ses prénoms francisés Frédéric-François lorsqu'il quitta définitivement la Pologne pour Paris. Les Polonais écrivent parfois son nom Szopen par analogie avec la phonétique française. =Le personnage=
Frédéric Chopin

Frédéric Chopin est un compositeur et pianiste polonais d'origine française, né le et mort le 17 octobre 1849 de la tuberculose pulmonaire. Son nom de naissance est Fryderyk Franciszek Chopin, il adopta ses prénoms francisés Frédéric-François lorsqu'il quitta définitivement la Pologne pour Paris. Les Polonais écrivent parfois son nom Szopen par analogie avec la phonétique française. =Le personnage=

Biographie

La Pologne

La maison familiale à Żelazowa Wola Chopin est né à Żelazowa Wola le (les registres paroissiaux mentionnent cependant la date du 22 février) près de Varsovie et fut baptisé dans l'église du village de Brochów près de Sochaczew. Son père Nicolas Chopin (1771 Marainville-sur-Madon — 1844 Varsovie), français, quitte la France à 16 ans pour la Pologne en 1787 et épouse Justyna Krzyżanowska, dame d’honneur de la comtesse Skarbek, en 1806. Frédéric est le second de quatre enfants. Ses trois sœurs sont prénommées Ludwika, Izabella et Emilia, qui disparaîtra à l’âge de quatorze ans. Chopin a révélé très tôt de grandes dispositions pour la musique. Il possédait l'oreille absolue et faisait preuve d'une sensibilité exceptionnelle à la musique. Il commença donc son éducation musicale à six ans (1816) et composa sa première œuvre, la polonaise en sol mineur, à l'âge de sept ans (1817). Il fit sa première apparition sur scène à huit ans, dans un salon aristocratique de Varsovie (1818). Par son don prodigieux, le petit Chopin, qui connaissait déjà dans son pays une certaine renommée, fut rapidement comparé à Mozart. Il étudia la musique tout d'abord avec Wojciech Zywny qui lui fit découvrir Jean-Sébastien Bach, et ensuite, à partir de 1826, au Conservatoire de Varsovie, principalement avec Wilhelm Wurfel pour le piano et l'orgue, et Józef Elsner pour la composition et le contrepoint. Élève du Conservatoire et du lycée de Varsovie (où son père était professeur), il se familiarisa avec la musique populaire polonaise en passant ses vacances dans différentes régions rurales de Pologne. Il termina ses études musicales en 1829.

Voyage en Europe

Il planifia par la suite un long voyage en Europe, afin de se familiariser plus profondément avec la vie musicale européenne et d’acquérir une certaine réputation. Il s'installa d'abord à Vienne, en Autriche, où il vivra 8 mois. En proie à des difficultés financières et ayant du mal à se faire connaître, Chopin pensa rapidement à gagner d'autres villes. C'est pendant cette période viennoise qu'eut lieu l'insurrection de Varsovie, accompagnée de la répression sanglante de l'armée russe. Chopin était profondément patriote et fut très affecté par cet événement qui a certainement inspiré son imagination créatrice. On retrouvera dans les lignes de son journal intime écrites à Stuttgart, ainsi que dans différentes lettres, un cri de révolte et de grand désarroi. De ces années datent le premier des Scherzo ainsi que les Études op. 10.

La vie parisienne

Portrait de Chopin par son ami Eugène Delacroix en 1838 C'est avec un passeport pour Londres que Chopin se dirigea vers la France, où il vécut le restant de sa vie. À Paris, il fit la connaissance de compatriotes polonais, exilés suite à la défaite polonaise, et découvrit l'intense activité culturelle et musicale, notamment l'Opéra italien (Rossini, Bellini). Sa grande sociabilité mondaine ainsi que sa réputation de virtuose lui permettront très rapidement de devenir le professeur le plus recherché dans les milieux aristocratiques parisiens. Kalkbrenner, un des plus grands pianistes de son époque, lui aurait fait ce compliment : « Vous avez le style de Cramer et le toucher de Field »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 56. Il parviendra également à faire publier ses compositions chez un grand éditeur, ce qui lui permettra de se faire enfin connaître en Europe. Ainsi, Schumann à Leipzig ayant découvert les variations sur un thème de Mozart Op. 2, publia en 1831 un article dans lequel il exprima son admiration pour son contemporain (« Chapeau bas, messieurs, un génie ! »). D'autre part, il se lia d'amitié avec d'autres grands artistes de son époque, tels Delacroix, Berlioz ou Liszt. Ce dernier restera, comme Schumann, un très grand admirateur et un fervent défenseur des compositions de Chopin. Pendant les années suivantes, le compositeur publia des chefs-d’œuvre comme la 1 Ballade (publiée en 1835) ou le 2 Cycle d'études Op. 25 (publié en 1837) qui contribuèrent à lui assurer sa grande notoriété. Lors de cette période fructueuse, Chopin connut pourtant des passages difficiles à travers son amour déçu pour Maria Wodzinska et le choix qu'il avait fait en 1834. Pendant cette année, il refusa en effet des invitations auprès de l'ambassade russe et fit savoir que, malgré son départ avant l'insurrection, il était à Paris en émigré politique et non en sujet loyal du tsar. Ce choix lui interdisait à tout jamais de rentrer dans sa Pologne natale.

Amour avec George Sand

George Sand De 1836 à 1847 (?), il fut le compagnon de l'écrivain George Sand (pseudonyme d'Aurore Dupin, baronne Dudevant). Ils menèrent ensemble une vie mondaine, nourris d'admirations réciproques. Après un séjour hivernal dans de mauvaises conditions au monastère de Valldemossa (à Majorque, Espagne), durant lequel il composa entre autres son cycle des 24 préludes Op. 28 et sa 2 Ballade, la santé de Chopin, qui était tuberculeux, se dégrada considérablement malgré les soins et le dévouement inconditionnel de Sand. De retour en France, Chopin retrouva une bonne santé et, de 1839 à 1846, il séjourna souvent à Nohant, la magnifique résidence de campagne de George Sand non loin de La Châtre. Il est à noter que certaines rumeurs voudraient que George Sand ait eu plusieurs relations avec des élèves du célèbre pianiste. Ce fut une période heureuse pour celui-ci qui y composa quelques unes de ses plus belles œuvres : la Polonaise héroïque , la 4 Ballade, la Barcarolle, les dernières Valses… Pendant le mois de juillet 1847, le couple, qui ne connaissait plus depuis un certain temps la passion de ses débuts, se sépara définitivement après que Chopin eut pris le parti de Solange, la fille de George Sand, dans une violente dispute familiale qui éclata à Nohant en l'absence du pianiste. Il ne reverra George Sand qu'une seule et dernière fois, par hasard, en avril 1848, mais restera jusqu'à la fin de sa vie très proche de Solange et de son mari Auguste Clésinger.

Les deux dernières années

Particulièrement affaibli après cette rupture douloureuse, il fit quand même une dernière tournée en Angleterre et en Écosse organisée par son élève Jane Stirling. Ce voyage fut pour lui épuisant physiquement et moralement. Il rentra à Paris, très malade, et mourut quelques mois plus tard, le 17 octobre 1849, au 12 place Vendôme, des suites de sa maladie pulmonaire, à l'âge de 39 ans. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Conformément à ses dernières volontés, sa sœur Ludwika qui était venue de Pologne juste avant qu'il ne meure, ramena à Varsovie son cœur qui se trouve actuellement dans un cénotaphe de l'église Sainte-Croix. Liszt : “Chopin a passé parmi nous comme un fantôme”

Portrait de l’Homme

Un homme à la santé fragile

Chopin est un homme qui n’aura jamais connu la pleine santé. Son état général était en permanence altéré et la fin de sa vie n’aura été qu’une descente progressive vers la mort (les hivers se faisant sentir de plus en plus et chaque petite maladie l'affectant davantage). La médecine étant ce qu'elle était à cette époque, de nombreuses méthodes de guérison avaient été essayées par le musicien. Ainsi, nous savons que Chopin absorbait quelques gouttes d’opium dans un verre d’eau et frictionnait ses tempes avec de l’eau de Cologne dès que son état risquait de s'aggraverChopin ou le poète Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 145. En 1844, George Sand décide d’inviter la sœur de Chopin en France (le ménage Iedrzeiewicz) pour faire sortir Chopin de la dépression qu’il manifestait suite au décès de son père, au mois de mai 1844, à Varsovie, qui suivait celui de son ami d’enfance Matuszinski (de la tuberculose). Madame Sand décide donc d’écrire à cette sœur du musicien pour l’avertir de l’état de santé fragile de son ami, donnant une description assez complète de l’état de santé du musicien. Elle écrit : « Vous allez trouver mon cher enfant bien chétif et bien changé depuis le temps que vous ne l’avez vu, mais ne soyez pourtant pas trop effrayés de sa santé. Elle se maintient sans altération générale depuis six ans que je le vois tous les jours. Une quinte de toux assez forte, tous les matins; deux ou trois crises considérables et durant chacune deux ou trois jours seulement, tous les hivers; quelques souffrances névralgiques, de temps à autre, voilà son état régulier… ». Chaque hiver est une épreuve pour le musicien. Chopin, écrivant à sa famille en automne 1846, l’expose : « L’hiver ne s’annonce pas mauvais, et en me soignant quelque peu il passera comme le précédent, et grâce à Dieu pas plus mal. Combien de personnes vont plus mal que moi ! Il est vrai que beaucoup vont mieux, mais à celles-là je ne pense pas ». Les qualificatifs de George pour désigner par écrit Chopin sont révélateurs à la fois de l’état de santé du musicien mais aussi de la dégradation de la relation entre les deux artistes : « Mon cher malade » puis « mon petit souffreteux » jusqu’à « mon cher cadavre »… Rien que les soucis affichés dans une lettre de Georges Sand au comte Grzymala le 12 mai 1847, montrant une interrogation sur le caractère « transportable ou non » de Chopin au moment du mariage de Solange, sont un exemple révélateur de l’état de santé gravissime de Chopin dans les dernières années de sa vie.

Des amours difficiles

Chopin écrivait à Fontana quelques mois avant de mourir : « Le seul malheur consiste en ceci : que nous sortons de l’atelier d’un maître célèbre, quelque stradivarius sui generis, qui n’est plus là pour nous raccommoder. Des mains habiles ne savent pas tirer de nous des sons nouveaux, et nous refoulons au fond de nous-mêmes ce que personne ne sait tirer, faute d’un luthier ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 242”

Les débuts amoureux : Constance Gladkowska

Chanteuse lyrique polonaise que le très jeune Chopin admirait, mademoiselle G?adkowska est certainement le premier amour féminin ressenti par le musicien. « Elle phrase et nuance délicieusement. Sa voix, au début, tremblait légèrement, mais elle se remit bientôt de son trouble », disait le musicien en parlant d’elle. Après avoir fait sa connaissance et joué à de nombreuses reprises avec elle, il brûle d’amour pour la cantatrice. Sa jeune gloire est dédiée à cette femme qui assiste à ses concerts (concert du 17 mars 1830 ou encore du 11 octobre 1830) et y prête parfois sa voix. Dans son explosion amoureuse, Chopin ne s’est pourtant jamais déclaré à l’être aimé : « Mes yeux ont surpris son regard. Alors je m’élançai dans la rue et il me fallut un quart d’heure pour revenir à moi. Je suis parfois si fou que c’est effrayant. Mais dès samedi en huit je partirai quoi qu’il arrive. Je mettrai ma musique dans ma valise, son ruban dans mon âme, mon âme sous mon bras, et en avant, dans la diligence ! »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 39 Après être parti de Pologne, Chopin ne reverra plus Constance qui se maria deux ans plus tard avec un gentilhomme campagnard.

L’aventure : Delphine Potoçka

La comtesse Delphine Potoçka, beauté célèbre de vingt-cinq ans, dont la voix faisait tourner la tête de Chopin (qui l’accompagnait au piano) fréquenta le jeune Chopin en 1835. L’aventure qu’eut cette femme avec le pianiste démarra très rapidement (Mickiewicz : « elle est la plus grande des pécheresses ») mais dura peu. N’oublions pas que la comtesse était mariée et son mari l’emmena en Pologne d’où elle ne revint que beaucoup plus tard. Il semble que cette histoire fut la moins malheureuse de Chopin dans la mesure où la comtesse gardera toujours une affection sincère pour Frédéric. Seules ces quelques lignes de Delphine retrouvées après le décès de Chopin en fournissent le témoignage : « Je ne t’ennuierai pas par une longue lettre, mais je ne veux pas rester plus longtemps sans nouvelles de ta santé et de tes projets d’avenir. Je suis triste de te sentir abandonné et solitaire… Ici mon temps se passe de façon ennuyeuse et je souhaite de n’avoir pas plus de désagréments encore. Mais j’en ai assez. Toutes les personnes à qui j’ai fait du bien m’ont payée d’ingratitude. Au total, la vie n’est qu’une immense dissonance. Dieu te bénisse, cher Chopin. Au revoir. »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 70 Delphine Potoçka fit le voyage de Nice à Paris pour arriver le dimanche 15 octobre 1849 au chevet de Chopin mourant. Chopin lui adressa la parole en ces termes : « C’est donc cela que Dieu tardait tant à m’appeler à lui, il a encore voulu me laisser le plaisir de te voir ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 236

La déception : Marie Wodzinska

Les Wodzinski étaient une famille de grands propriétaires terriens transportée à Genève pour l’éducation des enfants pendant la révolution polonaise des années 1830. Chopin aimait cette famille compatriote et amie car il avait eu pour camarades les trois garçons Wodzinski dans la pension de son père et il connaissait leur jeune sœur Marie depuis sa tendre enfance. C’est pendant l’été 1835, à Dresde, que Chopin revit cette famille avec joie, Marie Wodzinska avait alors dix-neuf ans. Frédéric n’avait, depuis quelques années, qu’une relation de musicien avec la jeune Marie (qui a été dans leur enfance une de ses petites élèves) en s’envoyant régulièrement des pages de musique. Pendant tout cet été qu’il passa avec cette aimable famille, l’amitié se transforma en amour. Malgré tout, Chopin les quitta en septembre pour retourner à Paris où beaucoup de travail l’attendait. Le reflet de cette séparation avec Marie est peint par le pianiste dans une valse que Chopin ne publia jamais : La Valse de l’Adieu. Tout au long de l’année suivante, Chopin et Marie s’écrivent et s’envoient de la musique, avant de se revoir l’été suivant. Après un nouvel été formidable avec cette famille, à Dresde, le 7 septembre (avant-veille de son départ pour Paris), Chopin demande à Marie Wodzinska si elle accepterait de devenir sa femme. Si la jeune femme accepta et la comtesse (sa mère) approuva, ils tinrent ce projet secret aux yeux du comte (attendant de trouver un moment opportun pour obtenir un consentement du père de Marie). Jusqu’en janvier 1837, Chopin allait vivre avec la promesse de cet amour et une correspondance entre lui et Marie faisant d’une manière secrète mention de leur projet de mariage sous le nom de “crépuscule” d’opéra. Après des premières lettres très amoureuses, la correspondance gardée de cette femme montre, par des mots d’une extrême platitude, que l’amour s’est peu à peu éteint. La rupture de ses fiançailles, le “crépuscule” de son bonheur, s’effectua donc en silence. Les billets de Marie Wodzinska ainsi que la rose qu’elle lui avait offerte à Dresde furent retrouvés, après la mort de Chopin, chez lui dans une enveloppe nouée sur laquelle il avait écrit ces deux mots polonais : moia biéda, mon malheur.Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 88

La relation : George Sand

La rencontre Les deux artistes se rencontrèrent pour la première fois à la demande de George Sand, dans le courant de l’été 1836, à l’hôtel de France de la rue Laffitte. De ce premier contact, Chopin dit le soir même à son ami Hiller : « Quelle femme antipathique que cette Sand ! Est-ce vraiment bien une femme ? Je suis prêt à en douter »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 96.” Par la suite, Chopin et Sand se sont fréquentés à Paris de temps en temps, puis de plus en plus. Chopin sortant de sa déception avec Marie Wodzinska et George Sand de sa relation avec Michel de Bourges, la souffrance en amour fut leur premier lien. Notons que George Sand hésita longtemps avant de se lancer dans une relation avec le pianiste. Elle écrivit à cette époque une lettre immense et complexe à son amie Madame Marliani en date du 23 mai 1838 dans laquelle l’écrivain met à nu sa passion pour Chopin et exprime le principal but d’une idylle avec le pianiste : « …S’il est heureux ou doit être heureux par elle (Marie Wodzinska), laissez-le faire. S’il doit être malheureux, empêchez-le. S’il peut être heureux par moi sans être malheureux avec elle, il faut que nous nous évitions et qu’il m’oublie. Il n’y a pas à sortir de ces quatre points. Je serai forte pour cela, je vous le promets, car il s’agit de lui, et si je n’ai pas grande vertu pour moi-même, j’ai grand dévouement pour ceux que j’aime… »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 102 à 107 Au début de leur relation, Chopin était âgé de vingt-huit ans mais semblait bien plus jeune, George avait trente-quatre ans. D'après ses correspondances de l’époque, l’amour de George pour Frédéric frôlait le “maternel”, la bonté “pélicane”; l’auteur appelait ça “faire son devoir”. Tout cela tombait à merveille puisque Chopin, vu son état de santé, avait besoin de soins. La chartreuse de Valdemosa le piano sur lequel jouait Chopin à la Chartreuse En quête de solitude, le jeune couple décide de voyager. Leur destination est les îles Baléares. Chopin décide de cacher son voyage (seuls ses amis les plus proches : Fontana et Matuszinski sont au courant). Le couple vivra d’abord dans la “maison du vent” une villa de Palma de Majorque située en dehors de la ville pour 100 francs par mois. Désirant une retraite plus profonde et moins onéreuse, le couple ne mit pas longtemps à déménager pour un trois pièces avec un jardin dans la Chartreuse même de Valdemosa. Si l’enthousiasme pour la poésie de l’endroit domine le début de leur séjour, la santé exécrable de Chopin (qui ne s’adapte pas au climat, qui ne supporte pas la nourriture du pays et n’est pas vraiment aidé par la médecine locale) oblige George à lui faire la cuisine, à le soigner. La femme, pendant cette période, s’occupera énormément de l’homme qu’elle aime. Le rôle maternel de la romancière se dessine peu à peu dans cette retraite… L’image la plus exacte à garder de cette période de la relation des deux artistes est une étape de grand travail chacun de leur côté (Chopin compose ici ses préludes) et d’un côté “prison” de la Chartreuse car Chopin a la santé fragile, le temps est souvent exécrable et les populations peu accueillantes avec le couple (leur domestique les abandonne jurant qu’ils sont pestiférés). La lettre que Georges Sand écrivit à l’époque de son retour en France à Mme Marliani est une source utile pour montrer l’état des deux amoureux à la fin de leur séjour en Espagne : “Enfin, chère, me voici en France… Un mois de plus et nous mourrions en Espagne, Chopin et moi ; lui de mélancolie et de dégoût, moi de colère et d’indignation. Ils m’ont blessée dans l’endroit le plus sensible de mon cœur, ils ont percé à coups d’épingles un être souffrant sous mes yeux, jamais je ne leur pardonnerai et si j’écris sur eux, ce sera avec du fiel.” Comme le dira plus tard Guy de Pourtalès sur la lune de miel des deux artistes à la Chartreuse : « on pouvait se demander si la Chartreuse n’était pas une sorte de purgatoire, d’où Sand explorait les enfers tandis le malade se sentait déjà monter vers le Ciel. »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 133

L’éternel amour de sa patrie

“J’ai le pressentiment que si je quitte Varsovie, je ne reverrai plus jamais ma maison. je m’imagine que je pars pour mourir. Ah! quelle tristesse ce doit être de ne pas mourir où l’on a toujours vécu (…) L’homme est rarement heureux. S’il ne lui est destiné que de courtes heures de félicité, pourquoi renoncerait-il à ses illusions qui sont, elles aussi, fugitives?” (lettre de Chopin à Titus datée du 4 septembre 1830) Chopin a quitté la Pologne à vingt ans (le 1 novembre 1830) pour Vienne sans savoir qu’il ne remettrait plus jamais les pieds dans sa terre natale qui occupera pourtant éternellement son cœur. Une coupe d’argent remplie de sa terre natale le suivra toute sa vie et son contenu sera mêlé, à sa mort, à la terre du Père-Lachaise recouvrant son cercueil. Elsner composa une cantateChopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, pages 40 et 41 en l’honneur du départ de l’enfant du pays qui ressemble plus à un “adieu” qu’à un “au-revoir” : Que ton talent, né sur notre sol, Eclate en tout et partout, Que tu sois sur les bords du Danube, Sur ceux de la Sprée, du Tibre ou de la Seine. Cultive les mœurs de tes parents Et, par les sons de ta musique, Nos mazurkas et nos cracoviennes, Chante la gloire de ta patrie. Oui, tu réaliseras tes rêves. Sache toujours, Chopin, que par ton chant Tu donneras la gloire à ton pays. Ce n’est rien de quitter ton pays Puisque ton âme reste parmi nous. Nous formons des vœux pour ton bonheur Et garderons dans nos cœurs ta mémoire. À titre d’exemple, citons ce que rapporte son élève et ami Gutmann, qui, jouant parfois devant Chopin la troisième étude en mi majeur, voyait Chopin s’écrier n’avoir jamais rien composé de plus beau et soupirer du plus profond de son être “Oh! ma patrie”. Même Orlowski dans ses correspondances fait état de la nostalgie de Chopin pour sa patrie comme d’une maladie consomptive : « Chopin est bien portant et vigoureux. Il tourne la tête à toutes les femmes. Les hommes en sont jaloux. Il est à la mode. Sans doute porterons-nous bientôt des gants à la Chopin. Mais le regret du pays le consume… »Chopin ou le poète Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 67 Les très nombreuses lettres de Chopin à sa famille et le ton de celles-ci sont aussi la preuve d’un regret de son pays et de ses proches qui le consume. Dans une lettre à ses proches à la fin de l’été 1846, le musicien écrit « … J’espère recevoir bientôt une lettre de vous, cependant, je suis tranquille, et je sais qu’avec votre nombreuse famille il est difficile que chacun m’écrive un mot, surtout qu’à nous la plume ne suffit pas; je ne sais pendant combien d’années nous devrions bavarder pour être au bout de notre Latin, comme on dit ici. C’est pour cela que vous ne devez pas vous étonner ni vous attrister quand vous n’avez pas de lettre de moi, car il n’y a pas de cause réelle, pas plus que chez vous. Une certaine peine s’unit au plaisir de vous écrire; c’est la certitude qu’entre nous il n’y a pas de paroles, à peine des faits… » Comme le soulignait Guy de Pourtalès à propos de cette lettre de Chopin « A-t-on noté ce mot : “Surtout qu’à nous la plume ne suffit pas...” Voilà la sourdine exquise des plaintes de Chopin ».

L’éloignement des explosions politiques

Il est bien connu que Chopin a en quelque sorte joué à cache-cache avec les révolutions de son temps. Son absence marquée dans les conflits de quelque ordre que ce soit (aussi bien politiques qu’idéologiques) met à jour un trait particulier de son caractère qu’il convient de justifier. Le musicien avait quitté Varsovie quelques semaines avant la révolution de 1830 et, même s'il a composé son étude révolutionnaire pris de douleur concernant ces événements, il n’est pas rentré au pays porter secours à sa famille qui aurait très bien pu mourir lors de l’arrivée des Russes. Un an plus tard, au printemps 1831, Chopin continue de fuir les tourments politiques en renonçant à son projet de voyage en Italie (à cause des insurrections de Bologne, de Milan, d’Ancône et de Rome). Arrivant à Paris un an après les Trois Glorieuses, Chopin avait encore échappé aux troubles du pays (et avait juste regardé du haut du balcon de son appartement de la rue poissonnière les derniers agitements populaires). Pour finir, c’est au début de la révolution de 1848 que Chopin quitte la France pour sa tournée en Angleterre. Le doute n’est donc pas permis concernant l’éloignement du compositeur des explosions politiques de son temps.

La solitude dans l’entourage amical

Les récits que nous avons de la mort de Chopin sont la démonstration très forte de l’existence d’un véritable cercle de personnes qui aimaient le musicien. Ses amis lui rendaient régulièrement visite. Une liste complète de ces personnes est quasiment impossible à réaliser : Le prince Czartoryski, Dephine Potoçka, madame de Rothschild, Legouvé, Jenny Lind, Delacroix, Franchomme, Gutmann, etc. L’importance des amis que le musicien avait est compréhensible lorsque l’on apprend que Franchomme (accessoirement comptable de Chopin) inventait un nombre incalculable de fable à la fin de la vie de Chopin pour lui expliquer l’origine des fonds qui lui servaient à vivre. Tout cet argent venait d’avances et de charités de ses amis, mais si Chopin avait appris de tels gestes, il aurait refusé net. Une illustration de l’amitié : les derniers jours du musicien - le samedi 14 octobre 1849 : Chopin est dans son lit de mort au n°12 de la place Vendôme à Paris, il a de longs accès épuisants. Lors d’un de ceux-ci, alors que Gutmann le tient dans ses bras, Chopin reprenant son calme lui adresse la parole : “maintenant, j’entre en agonie” et poursuit avec autorité “C’est une faveur rare que Dieu fait à l’Homme en lui dévoilant l’instant où commence son agonie; cette grâce, il me l’a faite. Ne me troublez pas”. Chopin est entouré de ses amis de toujours et Franchomme rapportera un murmure de Chopin de cette soirée : « Elle m’avait dit pourtant que je ne mourrais que dans ses bras ». La tombe de Chopin au cimetière du Père-Lachaise - le dimanche 15 octobre : C’est l’arrivée de delphine Potoçka de Nice. Après avoir apporté le piano dans la chambre du mourant, à la demande de Chopin, la comtesse chanta. Même si tous les amis du musicien étaient présents, certainement à cause de l’émotion générale, personne ne put se souvenir quels furent les morceaux de son choix. L’image à garder de cette journée est celle du râle du mourant imposant à tous ses amis de se mettre à genoux devant son lit. - le lundi 16 octobre, Chopin, perdit la voix, la connaissance pendant plusieurs heures et, revenant à lui, mit sur papier ses dernières volontés : “comme cette terre m’étouffera, je vous conjure de faire ouvrir mon corps pour que je ne sois pas enterré vif”. Il s’adressa ensuite à ses amis pour leur donner de dernières instructions “On trouvera beaucoup de compositions plus ou moins esquissées; je demande, au nom de l’attachement qu’on me porte, que toutes soient brûlées, le commencement d’une méthode excepté, que je lègue à Alkan et Reber pour qu’ils en tirent quelque utilité. Le reste, sans aucune exception, doit être consumé par le feu, car j’ai un grand respect pour le public et mes essais sont achevés autant qu’il a été en mon pouvoir de le faire. Je ne veux pas que, sous la responsabilité de mon nom, il se répande des œuvres indignes du public”. Chopin fit ses adieux à ses amis. Ses paroles ne sont pour la pluspart pas connues mais il dit à Franchomme “Vous jouerez du Mozart en mémoire de moi” et à Marceline et Mlle Gavard “Vous ferez de la musique ensemble, vous penserez à moi et je vous écouterai”. Ils redirent tous devant le mourant, toute la nuit, les prières des agonisants. Gutmann lui tenait la main et lui donnait à boire de temps à autre. Le docteur se pencha vers Chopin en lui demandant si il souffrait. “Plus”, répondit Chopin et ce furent ses derniers mots. - le mardi 17 octobre 1849, à 2 heures du matin, Chopin avait cessé de vivre et tous ses amis sortirent pour pleurer. Clésinger moula le visage du mort, de nombreux dessins furent réalisés dont un de Kwiatkowsky. Les autres amis apportèrent les fleurs préférées du musicien.

Chopin vu par ses contemporains

Au cœur des cercles de la jeunesse intellectuelle et artistique parisienne des années 1830, Chopin avait pour amis nombre de personnages célèbres dont les écrits concernant le jeune polonais forment un portait précieux de cet homme. Franz Liszt 1 - Liszt : “Il ne se servait plus de l’art que pour se donner à lui même sa propre tragédie”. Ces deux compositeurs, assez semblables par leur parcours de musiciens originaires d’Europe centrale et émigrés en France, nourriront des relations ambiguës, un temps conflictuelles. Franz Liszt se lie avec Frédéric Chopin dans le contexte du milieu artistique et bohème du début des années 1830. Leur admiration réciproque de musiciens atteint très rapidement les plus hauts degrés. À titre d’exemple citons l’amour de Liszt pour les études du Polonais lui-même admiratif de la façon de les rendre de Liszt (il déclarait vouloir lui voler sa manière de les rendre) décidant de les dédier à Franz. Citons encore ce détail : la présence dans l’appartement parisien de Chopin assez nu d’une petite table près du piano sur laquelle était seul posé le portrait de Franz Liszt. Dans le cercle assez restreint des fréquentations de Chopin, la génération romantique parisienne de 1830 concernant tous les arts se retrouvait. Henri Heine, Hiller, George Sand, Eugène Delacroix, Giacomo Meyerbeer ou le poète Adam Mickiewicz étaient les amis communs des deux musiciens. Franz est de ce ceux qui se seront permis d’appeler “Chopino” ou encore “Chopinissimo” le plus grand pianiste polonais du . Cependant, ils se brouilleront bien vite pour des raisons d’ordre privé (Liszt utilise l’appartement de Chopin en l’absence de celui-ci pour ses rencontres amoureuses) et artistiques (la critique et le public voyant en eux les représentants de deux écoles antagonistes : Liszt celle de la virtuosité transcendantale, et Chopin, celle « la plus exquise sensibilité »). Par la suite à cette double rivalité se greffera celle de George Sand et de Marie d'Agoult. La maladie puis la mort de Chopin vont effacer toutes ces rancœurs : Liszt, en publiant un ouvrage sur lui, et transcrivant ses lieder polonais. Outre ses publications à la Gazette musicale, c’est dans un manifeste intitulé “De la situation des artistes” que le musicien plaide sa conception des programmes musicaux en remplaçant par Mozart, Beethoven et Weber mais aussi ses amis, Berlioz et Chopin, la plate musique jouée dans les concerts en Europe. Le funeste évènement du décès de Chopin est avec celui de Lichnowsky (à la fin de l’année 1849) l’origine établie de “l’Héroïde funèbre” de Liszt. La dette de Liszt vis-à-vis de Chopin est très claire. Dès 1830, ce dernier a en effet publié sa première série de douze études, adoptant tout de suite le style qui sera le sien jusqu’à la fin de ses jours. La formation de Liszt sera beaucoup plus lente : il ne se trouvera vraiment lui-même qu’à la fin des années 1840, en écrivant des ouvrages du polonais : les deux ballades, les polonaises, la bénédiction de Dieu dans la solitude. Eugène Delacroix photographié par Nadar 2 - Delacroix : “J’ai des tête-à-tête à perte de vue avec Chopin, que j’aime beaucoup, et qui est un homme d’une distinction rare : c’est le plus vrai artiste que j’aie rencontré. Il est de ceux, en petit nombre, qu’on peut admirer et estimer.”Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 151 Le rapport entre les deux artistes (connus pour être tous les deux de grands souffreteux et tousseux) est très intéressant car double. Les deux hommes s’appréciaient profondément (comme le montre la citation de Delacroix), et Delacroix donne à la musique de Chopin la meilleure place après Mozart. Les deux hommes ont les mêmes goûts musicaux et placent volontiers Mozart au dessus de Beethoven (« passages communs à côté de sublimes beautés »). En ce qui concerne l’œuvre de Delacroix, Chopin est tranché : il déteste cette peinture, lui préférant celle de Ingres car il est l’ami du précis et de l’achevé. François Eugène Fétis 3 - Fétis : “Voici un jeune homme qui, abandonnant à ses impressions naturelles et ne prenant point de modèle, a trouvé sinon un renouvellement complet de la musique de piano, au moins une partie de ce qu’on cherche en vain depuis longtemps : une abondance d’idées originales dont le type ne se trouve nulle part.” Cette éloge du critique acerbe est venue en réponse au succès du concert de Chopin des salons Pleyel du 26 février 1822. 4 - Marquis de Custine : « Quand je vous écoute, je me crois toujours seul avec vous, et peut-être avec mieux que vous encore ! ou du moins avec ce qu’il y a de mieux en vous. » Hector Berlioz 5 - Hector Berlioz : “Chopin, comme exécutant et comme compositeur, est un artiste à part, il n’a pas un point de ressemblance avec un autre musicien de ma connaissance. Malheureusement, il n’y a guère que Chopin lui-même qui puisse jouer sa musique et lui donner ce tour original, cet imprévu qui est un de ses charmes principaux; son exécution est marbrée de mille nuances de mouvement dont il a seul le secret et qu’on ne pourrait indiquer... Il y a des détails incroyables dans ses mazurkas; encore a-t-il trouvé de les rendre doublement intéressantes en les exécutant avec le dernier degré de douceur, au superlatif du piano, les marteaux effleurant les cordes, tellement qu’on est tenté de s’approcher de l’instrument et de prêter l’oreille comme on ferait à un concert de sylphes et de follets.”Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, pages 68 et 69 Hector Berlioz - commentaire du concert de Chopin du 4 avril 1835 au profit de réfugiés polonais dans le journal Le Rénovateur. =Le musicien= À travers des monuments comme les Cycles d'Études Op. 10 et Op. 25, les 4 Ballades, les Nocturnes, les 24 Préludes Op. 28, les 4 Scherzos, ou encore les deux concertos pour piano, Chopin a révolutionné le piano et a inventé une véritable école avec l'apport de nouvelles sonorités ainsi qu'une nouvelle vision de l'instrument. Sa musique mélodieuse reste une des plus atypiques et adulées du répertoire romantique.

La technique pianistique

« Quand je suis mal disposé, disait-il, je joue sur un piano d’Erard et j’y trouve facilement un son tout fait ; mais quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano Pleyel » (Chopin).Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 158

Le toucher de Chopin

Le toucher de Chopin n’est aucunement dû au hasard. La volonté de nuancer d’une façon parfaite de ce musicien est le résultat de sa vision de la technique pianistique. Chopin développant sur ce sujet expliquait que « pendant longtemps, les pianistes ont travaillé contre la nature en cherchant à donner une sonorité égale à chaque doigt. Au contraire, chaque doigt devrait avoir sa propre partie. Le pouce a la plus grande force, parce qu’il est le plus gros et le plus indépendant des doigts. Vient ensuite le cinquième, à l’autre extrémité de la main. Puis l’index, son support principal. Enfin, le troisième, qui est le plus faible des doigts. Quant à son frère siamois, certains pianistes essaient, en y mettant toute leur force, de le rendre indépendant. C’est chose impossible et vraiment inutile. Il y a donc plusieurs espèces de sonorités, comme il y a plusieurs doigts. Il s’agit d’utiliser ces différences. Et ceci, en d’autres mots, est tout l’art du doigté. » Liszt parlant du jeu de Chopin exprimait : « Vapeur amoureuse, rose d’hiver » ou encore ajoutait ceci : « Par la porte merveilleuse, Chopin faisait entrer dans un monde où tout est miracle charmant, surprise folle, miracle réalisé. Mais il fallait être initié pour savoir comment on en franchit le seuil ». En effet, Liszt avait compris que le terme rubato n’apportait rien pour comprendre le jeu de Chopin fondé sur une règle d’irrégularité : « Il faisait toujours onduler la mélodie…; ou bien il la faisait mouvoir, indécise, comme une apparition aérienne. C’est le fameux rubato. Mais ce mot n’apprenait rien à qui savait, et rien à qui ne savait pas, aussi Chopin cessa d’ajouter cette explication à sa musique. Si l’on en avait l’intelligence, il était impossible de ne pas deviner cette règle d’irrégularité ». « Regardez ces arbres » disait Liszt à ses élèves, « le vent joue dans leurs feuilles et réveille en eux la vie, mais ils ne bougent pas ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 102

La note Bleue

Les témoignages qu’il reste des participants aux soirées parisiennes de la rue Pigalle font la description d’un salon aux lumières baissées où Chopin, entouré de ses compatriotes, leur jouait du piano. Assis devant l’instrument, il préludait par de légers arpèges en glissant comme à l’accoutumée sur les touches du piano jusqu’à ce qu’il trouve la tonalité reflétant la mieux l’ambiance générale de cette soirée. Cette note bleue était alors la base de ses improvisations, variations ou encore le choix d’une de ses œuvres dans la tonalité correspondante. Berlioz nous rapporte, non sans énervement, qu’à la fin de ce type de manifestation, Chopin avait comme manie de faire glisser rapidement sa main sur le piano de gauche à droite “comme pour effacer le rêve qu’il venait de créer”.

La main de Chopin

Les descriptions des mains de Chopin sont assez nombreuses pour que l’on admette qu’elles étaient remarquables. Pour l’un c’était « le squelette d’un soldat enveloppé par des muscles de femme », pour un autre ami « une main désossée ». Stephen Heller : « Sa main couvrait un tiers du clavier comme une gueule de serpent s’ouvrant tout à coup pour engloutir un lapin d’une seule bouchée ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 155 Le 17 octobre 1849 au matin Auguste Clésinger moula le visage et la main de Chopin, comme il était coutume de le faire à l'époque, et on fit plusieurs dessins de Chopin sur son lit de mort. Le moulage de la main du musicien est exposé au musée de la Vie romantique 16, rue Chaptal, PARIS, 75009.

Les apports musicaux de Chopin

La période musicale que Chopin a traversée a été marquée par une évolution singulière de la technique pianistique. À l’instar de ce qui avait été développé quelques années plus tôt par Paganini pour le violon, le piano a vu, dans de grands virtuoses du début , la voie du progrès. Liszt n’est pas le seul à avoir perfectionné la technique pianistique au cours des années 1830-1840, il affirme lui-même que de nombreuses avancées sont dues à Chopin. Ces avancées sont notamment l’extension des accords (en arpèges, plaqués ou encore en batterie); les petits groupes de notes surajoutées à la partition tombant (comme le soulignait Liszt) « comme les gouttelettes d’une rosée diaprée par dessus la figure mélodique ». Cette technique directement issue des “fioritures” de l’ancienne grande école de chant Italienne a été, au piano, teinté par Chopin d’imprévu et de variété. Il inventa encore les progressions harmoniques permettant de masquer la légèreté de certaines pages d’un caractère indiscutablement sérieux“Frédéric Chopin par Franz Liszt” biographie écrite par Franz Liszt en 1845. édition Buchet / Chastel page 81 . Les analyses de Liszt sur l’apport de Chopin, si elles sont un référence absolue, ne doivent pas être prises en un sens dogmatique car l’écoute de pianistes oubliés du tout début du ou encore de la Révolution (comme par exemple Hélène de Montgéroult dont il existe aujourd’hui un enregistrement des études) permet de retrouver certains points techniques développés ultérieurement par la génération pianistique des années 1830-1840.

La vie pianistique de Chopin

Billet polonais de 1982 représentant Chopin

Le professeur de piano

La période parisienne qui suivit celle de Nohant à partir d’octobre 1839, rue Pigalle fût une fructueuse période de professorat pour le musicien, qui, malgré un état de santé toujours critique, consacrait ses matinées au défilé de ses élèves. La durée des leçons était au minimum d’une heure mais souvent davantage. Chopin enseignait à ses élèves sa conception si personnelle de la musique. À titre d’exemple, citons cette phrase de Chopin à une de ses élèves à laquelle il venait de jouer par cœur quatorze préludes et fugue de Jean-Sébastien Bach : « la dernière chose c’est la simplicité. après avoir épuisé toutes les difficultés, après avoir joué une immense quantité de notes et de notes, c’est la simplicité qui sort avec son charme, comme le dernier sceau de l’art. Quiconque veut arriver d’emblée à cela n’y parviendra jamais; on ne peut commencer par la fin ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 145 Chopin n’a pas laissé de “méthode” mais si il y avait songé (il laisse à sa mort à ses amis une ébauche d’un travail en ce sens). Il reste malgré tout comme témoignage, l’expérience de ces élèves qui n’ont pas manqué de raconter les exercices préconisés par le maître. D’après ces témoignages, Chopin avait trouvé ce qui était pour lui la “position normale” au piano en jetant légèrement ses doigts sur le clavier de sorte à appuyer sur le “mi”, le “fa dièze”, le “sol dièze”, le “la dièze” et le “si”. Chopin, sans changer de position de main (sa position de référence) faisait faire des exercices destinés à donner l’égalité et l’indépendance des doigts. La deuxième étape pour l’élève était le staccato (dans le but de donner à l’élève de la légèreté) puis le staccato legato et enfin le “legato accentué”. Dans le but d’assurer une tranquillité parfaite à la main et permettait, sans problème, de passer le pouce après le quatrième ou le cinquième doigt dans les gammes et les passages en arpèges. Chopin recommandait à ses élèves de laisser tomber librement et légèrement leurs doigts et de tenir leurs mains en l’air et sans nulle pesanteur. Puis de faire des gammes en accentuant chaque troisième ou quatrième note. Il était plus que tout intraitable avec ceux qui prenaient leur aise avec la mesure : « Que votre main gauche soit votre maître de chapelle, disait-il, tandis que votre main droite jouera ad libitum ».

Le concertiste à succès

Chopin jouant ses polonaises lors d’un bal à l’Hotel Lambert à Paris - Peinture gouache sur papier de Teofil Kwiatkowski Comme il le confiait à son ami Franz Liszt, Chopin n’appréciait pas (contrairement à son ami) de donner des concerts, préférant de loin l’ambiance feutrée des salons où, le soir, entouré de ses amis, il emplissait d’émotion le cœur des gens qu’il aimait. Chopin l’expliquait à Liszt en ces termes : « Je ne suis point propre à donner des concerts. La foule m’intimide; je me sens asphyxié par ces haleines précipitées, paralysé par ces regards curieux, muet devant ces visages étrangers. Mais toi, tu y es destiné, car quand tu ne gagnes pas ton public, tu as de quoi l’assommer »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 66.” Au delà de ça, le témoignage de Liszt est précieux car le musicien est l’auteur d’un compte rendu de la gazette musicale à propos d’un concert donné par Chopin en printemps 1841 chez Pleyel. Liszt s’exprime ainsi : “lundi dernier, à huit heures du soir, les salons de M. Pleyel étaient splendidement éclairés : de nombreux équipages amenaient incessamment, au bas d’un escalier couvert de tapis et parfumé de fleurs, les femmes les plus élégantes, les jeunes gens les plus à la mode, les artistes les plus célèbres (…) Un grand piano à queue était ouvert sur une estrade; on se pressait autour; on ambitionnait les places les plus voisines; à l’avance on prêtait l’oreille, on se recueillait, on se disait qu’il ne fallait pas perdre un accord, un note, une intention, une pensée de celui qui allait venir s’asseoir là. Et l’on avait raison d’être aussi avide, attentif, religieusement ému, car celui que l’on attendait, que l’on voulait voir, entendre, admirer, applaudir, ce n’était pas seulement un virtuose habile, un pianiste expert dans l’art de faire des notes; ce n’était pas seulement un artiste de grand renom, c’était tout cela et plus que tout cela, c’était Chopin”. L’ambiance des concerts Parisien de Chopin était donc celui de la mode raffinée du début . L’exceptionnel dernier concert de Chopin à Paris eu lieu le mercredi 16 février 1848. Tous les billets furent vendus en une semaine et ces places furent achetés par des amateurs de musique de tout le pays. Chopin écrivait quelques mots montrant son peu d’entrain à l’idée de cet ultime concert, quelques jours avant celui-ci : « Mes amis m’ont dit que je n’aurais à me tourmenter de rien, seulement de m’asseoir et de jouer… De Brest, de Nantes on a écrit à mon éditeur pour qu’il retienne des places. Un tel empressement m’étonne et je dois aujourd’hui me mettre à jouer, ne fût-ce que par acquit de conscience, car je joue moins bien qu’autrefois. je jouerai, comme curiosité, le trio de Mozart avec Franchomme et Allard. Il n’y aura ni programmes, ni billets gratis. Le salon sera confortablement arrangé et peut contenir trois cent personnes. Pleyel plaisante toujours de ma sottise et, pour m’encourager à ce concert, il fera orner de fleurs les escaliers. Je serais comme chez moi et mes yeux ne rencontrerons pour ainsi dire, que des visages connus ». Programme du dernier concert de Chopin à Paris: Première partie : - Trio de Mozart pour piano, violon et violoncelle, par Chopin, Allard et Franchomme - Airs chantés par Mlle Antonia Molina di Mondi - Nocturne et Barcarolle (Op. 60) composés et joués par Chopin - Air chanté par Mlle Antonia Molina di Mondi - Étude et Berceuse (Op. 57) composés et joués par Chopin Seconde partie : - Scherzo, Adagio et finale de la sonate en sol mineur pour piano et violoncelle composée par Chopin et jouée par l’auteur et Franchomme - Air nouveau de Robert le Diable, de Meyerbeer, chanté par M. Roger - Préludes, Mazurkas et Valses (celle du petit chien) composés et joués par Chopin Le nocturne, l’étude, les mazurkas et le prélude choisis pour le concert ne sont pas connus. Comme l’imprimait la gazette musicale « Le sylphe a tenu sa parole ». Le commentaire de ce concert par la presse permet d’éclairer autant que possible l’expérience qu’a été pour l’auditoire un tel cadeau musical : « Il est plus facile de vous dire l’accueil qu’il a reçu, les transports qu’il a excités, que de décrire, d’analyser et divulguer les mystères d’une exécution qui n’a pas d’analogue dans notre région terrestre. Quand nous aurions en notre pouvoir la plume qui a tracé les délicates merveilles de la reine Mab, pas plus grosse que l’agathe qui brille au doigt d’un alderman… c’est tout au plus si nous arriverions à vous donner l’idée d’un talent purement idéal, et dans lequel la matière n’entre à peu près pour rien. Pour faire comprendre Chopin, nous ne connaissions que Chopin lui-même; tous ceux qui assistaient à la séance de mercredi en sont convaincus autant que nous ». Si Chopin n’a pas souvent donné ses œuvres en concert, ses œuvres, quant à elleselles, étaient dès les années 1830 jouées dans beaucoup de concerts par les plus célèbres virtuoses : Liszt, Moscheles, Field, Kalkbrenner ou encore Clara Wieck.

Chopin face aux autres musiques

Chopin et la musique de son temps

L’intérêt modéré pour les compositeurs de son époque gravure de Robert Schumann en 1839 Chopin fut l'ami des compositeurs Hector Berlioz, Robert Schumann, mais il n'appréciait que modérément leur musique, bien qu'il leur ait dédié certaines de ses compositions. Liszt témoigne que Chopin appréciait extrêmement peu la musique d’autres compositeurs de son temps ou de l’époque classique et ce pour diverses raisons (« il n’apportait pas la plus légère louange à ce qu’il ne jugeait point être une conquête effective pour l’art »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 160. Concernant d’abord Beethoven l’effroi caractérise ce que ressent Chopin (comme vis-à-vis de Michel-Ange ou Shakespeare) ; Mendelssohn lui paraît commun et il restait très nuancé concernant l’œuvre de Schubert. Chopin est par ailleurs resté quasiment totalement à l’écart des luttes musicales romantiques de son temps (contrairement à Berlioz ou Liszt). Il représentait malgré tout de lui-même un idéal romantique qui resta utile aux autres compositeurs dans leur lutte. Relation de pianiste entre Chopin et Liszt La relation entre les deux plus grands pianistes de la première moitié du est à la fois complexe et caricaturale. Quelques témoignages d’amis des deux hommes restent la meilleur clé pour comprendre cette facette de la personnalité de Chopin. Il est assez difficile de résumer à la fois la volonté des deux artistes de se perfectionner dans leur domaine propre séparé mais aussi de s’affronter dans la course artistique. Le témoignage le plus caractéristique montrant à la fois l’éloignement du domaine de prédilection des deux artistes mais aussi la volonté de chacun du dépassement artistique est celui de Charles Rollinat (familier de George Sand) : « Chopin jouait rarement. Liszt, au contraire, jouait toujours, bien ou mal. Un soir du mois de mai, entre onze heures et minuit, la société était réunie dans le grand salon. Liszt jouait une nocturne de Chopin et, selon son habitude, le brodait à sa manière, y mêlant des trilles, des trémolos, des points d’orgue qui ne s’y trouvaient pas. À plusieurs reprises Chopin avait donné des signes d’impatience; enfin, n’y tenant plus, il s’approcha du piano et dit à Liszt avec son flegme anglais : - Je t’en prie, mon cher, si tu me fais l’honneur de jouer un morceau de moi, joue ce qui est écrit ou bien joue autre chose : il n’y a que Chopin qui ait le droit de changer Chopin. - Eh bien, joue toi-même ! dit Liszt, en se levant un peu piqué. - Volontiers, dit Chopin. À ce moment, la lampe fut éteinte par un phalène étourdi qui était venu s’y brûler les ailes. On voulait la rallumer. - Non! s’écria Chopin; au contraire, éteignez toutes les bougies; le clair de lune me suffit. Alors il joua… il joua une heure entière. Vous dire comment, c’est ce que nous ne voulons pas essayer. L’auditoire, dans une muette extase, osait à peine respirer, et lorsque l’enchantement finit, tous les yeux étaient baignés de larmes, surtout ceux de Liszt. Il serra Chopin dans ses bras en s’écriant : - Ah! mon ami, tu avais raison! Les œuvres d’un génie comme le tien sont sacrées; c’est une profanation d’y toucher. Tu es un vrai poète et je ne suis qu’un saltimbanque. - Allons donc! reprit vivement Chopin; nous avons chacun notre genre, voilà tout. Tu sais bien que personne au monde ne peut jouer comme toi Weber et Beethoven. Tiens, je t’en prie, joue-moi l’adagio en ut dièse mineur de Beethoven, mais fais cela sérieusement, comme tu sais le faire comme tu veux. Liszt joua cet adagio et y mit toute son âme. ce n’était pas une élégie, c’était un drame. Cependant Chopin crut avoir éclipsé Liszt ce soir-là. Il s’en vanta en disant : “Comme il est vexé!” (textuel). Liszt apprit le mot et s’en vengea en artiste spirituel qu’il était. Voici le tour qu’il imagina quatre ou cinq jours après. La société était réunie à la même heure, c’est-à-dire vers minuit. Liszt supplia Chopin de jouer. Après beaucoup de façons, Chopin y consentit. Liszt alors demanda qu’on éteignit toutes les lampes, ôte les bougies et qu’on baissât les rideaux afin que l’obscurité fût complète. C’était un caprice d’artiste, on fit ce qu’il voulut. Mais au moment où Chopin allait se mettre au piano, Liszt lui dit quelques mots à l’oreille et prit sa place. Chopin, qui était très loin de deviner ce que son camarade voulait faire, se plaça sans bruit sur un fauteuil voisin. Alors Liszt joua exactement toutes les compositions que Chopin avait fait entendre dans la mémorable soirée dont nous avons parlés, mais il sut les jouer avec une si merveilleuse imitation du style et de la manière de son rival, qu’il était impossible de ne pas s’y tromper, et, en effet, tout le monde s’y trompa. Le même enchantement, la même émotion se renouvelèrent. Quand l’extase fut à son comble, Liszt frotta vivement une allumette et mit feu aux bougies du piano. Il y eut dans l’assemblés un cri de stupéfaction. - Quoi? c’est vous! - Comme vous voyez! - Mais nous avons cru que c’était Chopin - Tu vois, dit le virtuose en se levant, que Liszt peut être Chopin quand il veut; mais Chopin pourrait-il être Liszt? C’était un défi; mais Chopin ne voulu pas ou n’osa pas l’accepter. Liszt était vengé »Charles ROLLINAT “souvenir de Nohant” compté dans “Le Temps” du 1 septembre 1874 .” Aussi bien admiratifs l’un de l’autre, évitant aussi bien que poussant la comparaison, cet épisode de la vie des deux artistes, dans ses dernières phrases est un excellent résumé de la relation unissant les deux pianistes.

Chopin et les “grand maîtres”

Jean-Sébastien Bach Chopin et Bach Parmi les maîtres qui furent donnés à Chopin dans sa petite enfance, un certain ?ywny, vieil homme violoniste ayant passé la soixantaine et originaire de Bohême vouait un véritable culte à Jean-Sébastien Bach. Un enthousiasme d’enfant pour un homme de cette taille laissera évidemment des traces pour toute la vie future du jeune pianiste. Une lettre de Chopin écrite à Fontana en 1839 nous informe sur l’activité de Fédéric Chopin concernant la réhabilitation de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach au . Chopin déclare qu’il « corrige lui-même une édition parisienne des œuvres de Bach ; il y a non seulement des erreurs de gravure, mais, je crois, des erreurs harmoniques commises par ceux qui prétendent comprendre Bach. Je ne le fais pas avec la prétention de le comprendre mieux qu’eux, mais avec la conviction que je devine quelquefois comme cela doit être ». Chopin idolâtrait Jean-Sébastien Bach et jouait quotidiennement "le clavier bien tempéré". On dit aussi que le pianiste jouait systématique la musique du Cantor Allemand comme exercice avant chaque concertChopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 212 . Chopin et Mozart portrait de Mozart de Joseph Lange Mozart était, avec Bach, le seul maître dont Chopin se réclamait. Malgré tout, contrairement à Jean-Sébastien Bach, il regrettait certains passages des œuvres du compositeur classique. Ainsi, si Chopin adorait le Don Juan de Mozart, il se désolait de certains moments de l’œuvre : Liszt l’expose en disant qu’« il parvenait à oublier ce qui le répugnait, mais se réconcilier avec, lui était impossible ». Malgré tout, comparant la musique de Mozart à celle de Beethoven, Chopin affiche clairement son amour pour le Salzbourgeois : “Quand Beethoven est obscur et paraît manquer d’unité, ce n’est pas une prétendue originalité un peu sauvage, dont on lui fait honneur, qui en est la cause; c’est qu’il tourne le dos à des principes éternels; Mozart jamais. Chacune des parties a sa marche qui, tout en s’accordant avec les autres, forme un chant et le suit parfaitement. c’est là le contrepoint, punto contrapunto. On a l’habitude d’apprendre les accords avant le contrepoint, c’est à dire la succession des notes qui mène aux accords. Berlioz plaque des accords et remplit les intervalles comme il peut. En musique, la logique pure c’est la fugue. Etre savant dans la fugue, c’est connaitre l’élément de toute raison et de toute conséquence”. Selon le vœu de Chopin, le Requiem de Mozart, considéré par le Polonais comme étant d'une beauté exceptionnelle, fut d'ailleurs interprété intégralement par l’orchestre du conservatoire de Paris dirigé par Giraud lors de ses obsèques, en l'église de la Madeleine à Paris le 30 octobre 1849. La petite histoire retiendra qu'une dérogation fut accordée à cette occasion par le clergé car à cette époque les voix féminines n'étaient pas admises aux offices religieux. Les solistes étaient donc dissimulés par une draperie noire derrière l’autel (Pauline Viardot et Madame Castellan). Chopin et Schubert Certaines œuvres de Schubert n’étaient pas volontiers écoutées par Chopin. Liszt nous éclaire sur ce sujet en rapportant que Chopin n’appréciait pas les œuvres de Schubert “dont les contours étaient trop aigus pour son oreille, où le sentiment est comme dénudé. Toutes les rudesses sauvages lui inspiraient de l’éloignement. En musique, comme en littérature, comme dans l’habitude de la vie, tout ce qui se rapproche du mélodrame lui était un supplice”. Chopin parlant de Schubert dit un jour à Liszt : « Le sublime est flétri lorsque le commun ou le trivial lui succède »Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 161 .” =L’œuvre de Chopin= Toutes ses œuvres, sans exception, concernent le piano avec ou sans accompagnement. La grande majorité est composée pour le piano seul. L'œuvre symphonique se limite à deux concertos, une polonaise, un rondo et des variations (ces œuvres ont été écrites pour piano et orchestre, mais dans celles-ci, l'orchestre joue un rôle limité et plutôt « accessoire »). Sa musique de chambre se limite à cinq pièces : les quatre premières sont des œuvres de jeunesse, la dernière est sa sonate pour violoncelle et piano et elle est la dernière œuvre qu'il ait jouée en public, avec son ami Auguste Franchomme, violoncelliste de renom. Cette amitié explique une relative affinité pour cet instrument, puisque quatre des cinq partitions de musique de chambre utilisent le violoncelle. Il existe également un cycle de 17 Lieder.

Témoignages sur certaines œuvres

La sonate N°3 pour piano en si bémol mineur opus 58

De cette pièce datant de 1839 nous reste un commentaire étrange de Robert Schumann qui disait assez étrangement « … Un certain génie impitoyable nous souffle au visage, terrasse de son poing pesant quiconque voudrait se cabrer contre lui et fait que nous écoutons jusqu’au bout, comme fascinés et sans gronder… mais aussi sans louer : car ce n’est pas là de la musique. La sonate se termine comme elle a commencé, en énigme, semblable à un sphinx moqueur ».Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 165 ”

Le 6 prélude Op.28

Dans ses écrits, George Sand racontant sa vie avec Chopin à la Chartreuse de Valdemosa affirme que certaines des plus belles pages de Chopin viennent de crises d’exaltation nerveuses du compositeur, seul toute la journée devant son piano dans les profondeurs du monastère. George Sand écrit à ce sujet : “ Il y en a un (de prélude), qui lui vint par une soirée de pluie lugubre et qui jette dans l’âme un abattement effroyable. Nous l’avions laissé bien portant ce jour là, Maurice et moi pour aller à Palma acheter des objets nécessaires à notre campement. La pluie était venue, les torrents avaient débordés; nous avions fait trois lieues en six heures pour revenir au milieu de l’inondation, et nous arrivions en pleine nuit, sans chaussures, abandonnés par notre voiturier à travers des dangers inouïs. Nous nous hâtions en vue de l’inquiétude de notre malade. Elle avait été vive en effet, mais elle s’était figée comme une sorte de désespérance tranquille, et il jouait son admirable prélude en pleurant. En nous voyant entrer, il se leva en jetant un grand cri, puis il nous dit d’un air égaré et d’un ton étrange : “Ah! je le savait bien que vous étiez morts!” Quand il eut repris ses esprits et qu’il vit l’état dans lequel nous étions, il fut malade de spectacle rétrospectif de nos dangers; mais il m’avoua ensuite qu’en nous attendant il avait vu tout cela dans un rêve, et, que ne distinguant plus ce rêve de la réalité, il s’était calmé et comme assoupi en jouant du piano, persuadé qu’il était mort lui même. Il se voyait noyé dans un lac, des gouttes d’eau pesantes et glacées lui tombaient en mesure sur la poitrine, et quand je lui fis écouter ces gouttes d’eau qui tombaient effectivement en effet en mesure sur le toit, il nia les avoir entendues. Il se fâcha même de ce que je traduisais par le mot d’harmonie imitative. il protestait de toutes ses forces, et il avait raison, contre la puérilité de ces imitations pour l’oreille. Son génie était plein des mystérieuses harmonies de la nature, traduites par des équivalents sublimes dans sa pensé musicale et non par une répétition servile de chants extérieurs. Sa composition de ce soir là était pleine des gouttes de pluie qui résonnaient sur les tuiles sonores de la chartreuse, mais elles s’étaient traduites dans son imagination et dans son chant par des larmes tombant du ciel sur son cœur.”Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, pages 129 et 130 Si le témoignage de George Sand n’indique pas précisément quel prélude est concerné par ce récit, plusieurs d’entre eux ont été désignés comme étant le prélude de cette pluie (le n°8 en fa dièse mineur, le numéro 15 en ré bémol majeur, le 17 ou encore le 19). Sans plus s’avancer (car cela n’a finalement aucune importance), la majorité semble adopter le prélude n°6 en si mineur. Ce prélude fût joué à l’orgue par Lefébure-Wély lors des obsèques du compositeur au temple de la Madeleine.

L’étude en tierce du second cahier en sol dièse mineur

Cette pièce, l’une des préférées de Chopin, touchait à merveille le cœur de ses compatriotes demeurant à Paris. L’un d’entre eux l’appelle “le sibérienne” en référence au voyage du déporté polonais. « La neige tombe sur la plaine sans limites (une gamme montante et descendante à chaque main figure cet infini universel de façon saisissante). On entend les clochettes de la troïka qui s’approche, passe et s’enfonce vers l’horizon. »

Ballade en sol mineur Op.23

Ce monument de l’amour de Chopin à Marie Wodzinska comporte un détail curieux concernant la dernière mesure de l’introduction. Certaines éditions comportent à cet endroit un “ré” évidemment façonné avec un “mi” ultérieurement corrigé... Camille Saint-Saëns, parlant de Liszt nous éclaire au sujet de cette correction. “Ce mi supposé donne un accent douloureux tout à fait d’accord avec le caractère du morceaux. Etait-ce une erreur de gravure ? Etait-ce l’intention première de l’auteur ? Cette note détermine un accent dissonant d’un effet imprévu. Or, les dissonances recherchées aujourd’hui comme des truffes, étaient alors redoutées. De Liszt que j’ai interrogé à ce sujet, je n’ai pu obtenir que cette réponse « j’aime mieux le mi bémol… » J’ai conclu de cette réponse évasive que Chopin, en jouant la ballade, faisait entendre le ré ; mais je suis resté convaincu que le mi bémol était sa première idée, et que le ré lui avait été conseillé par des amis craintifs et maladroits.”Chopin ou le poète” Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 149

L’adagio du second concerto pour piano

Liszt, tout en remarquant que Chopin avait une prédilection marquée pour cette pièce, lui attribuera une “idéale perfection”. Pour lui “son sentiment tour à tour radieux et plein d’apitoiement ferait songer à un magnifique paysage inondé de lumière, à quelque vallée de Tempé qu’on aurait fixé pour être le lieux d’un récit lamentable, d’une scène poignante. On dirait un irréparable malheur accueillant le cœur humain en face d’une incomparable splendeur de la nature.”Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 49

La valse en la bémol majeur “posthume” op.69

Cette valse a été composée par Chopin au cours de l’été 1835 (passé chez la famille Wodzinski), recopiée et donnée à Marie (que Chopin aimait) au moment de son départ en septembre. Marie Wodzinska l’appela la “valse de l’adieu”. Cette œuvre si connue aujourd’hui ne fut, certainement par pudeur de l’auteur, jamais publiée par Chopin. Schumann donne une très belle description aussi bien de la musique, que de la scène de séparation qu’elle décrit : “le murmure de deux voix amoureuses, les coups répétés de l’horloge et le roulement des roues brûlant le pavé, dont le bruit couvre celui des sanglots comprimés.”Chopin ou le poète, Guy de Pourtalès - Gallimard 1926 - livre de poche n°979 éd de 1940, page 76

Marche funèbre (intercalée dans la première sonate pour piano)

Le commentaire de Liszt, dans son ouvrage dédié à Chopin, de la marche qui fût jouée la première fois lors des obsèques du musicien en 1849, mérite à tout point de vue l’attention : “Aurait-on pu trouver d’autres accents pour exprimer avec le même navrement quels sentiments et quelles larmes devaient accompagner à son dernier repos celui qui avait compris d’une manière si sublime comment o pleurait les grandes pertes! Nous entendions dire un jour à un jeune homme de son pays : “ces pages n’auraient pu être écrites que par un Polonais!” En effet, tout ce que ce cortège d’une nation en deuil pleurant sa propre mort, aurait de solenel et de déchirant, se retrouve dans le glas funéraire qui semble ici l’escorter. Tout le sentiment de mystique espérance, de religieux appel à une miséricorde surhumaine, à une clémence infinie et à une justice qui tient compte de chaque tombe et de chaque berceau, toute la résignation exaltée qui a éclairé de la lumière des auréoles tant de douleurs et de désastres supportés avec l’héroïsme inspiré des martyrs chrétiens, résonne dans le chant dont la supplication est si désolée. Ce qu’il y a de plus pur, de plus saint, de plus résigné, de plus espérant dans le cœur des femmes, des enfants y retentit, y frémit, y tressaille avec d’indicibles vibrations. On sent que ce n’est pas la mort d’un héros que l’on pleure, alors que d’autres héros restent pour le venger mais bel et bien celle d’une génération entière qui a succombé, ne laissant après elle que les femmes, les enfants et les prêtres. Cette mélopée si funèbre et si lamentable est néanmoins d’une si pénétrante douceur, qu’elle semble ne plus venir de cette terre. Ces sons qu’on dirait attiédis par la distance, imposent un suprême recueillement, comme si ils étaient chatés par les enges eux-mêmes et flottaient déjà dans le ciel, aux alentours du trône divin. Ni cris, ni rauques gémissements, ni blasphèmes impies, ni furieuses imprécations ne troublent un instant, qu’on prendrait ainsi pour de séraphiques soupirs. Le côté antique de la douleur est totalement exclu. Rien n’y rappelle les fureurs de Cassandre, les abaissements de Priam, les frénésies d’Hécube, les désespérances des captives Troyennes. Une foi superbe anéantissant, dans les survivants de cette Ilion Chrétienne, l’amertume de la souffrance en même temps que la lâcheté de l’abattement, leur douleur ne conserve plus aucune de ses terrestres faiblesses, elle s’arrache de ce sol moite de sang et de larmes; s’élance vers Dieu, et ne saurait s’adresser qu’au juge suprême, trouvant pour l’implorer de si poignantes prières, qu’en les écoutant notre cœur se brise en nous-mêmes, sous une auguste compassion.”Frédéric Chopin par Franz Liszt, biographie écrite par Franz Liszt en 1845. édition Buchet / Chastel pages 85 à 87

Catalogue complet de ses œuvres

Classées par opus

-1 Rondeau, c (1825)
-2 Variations pour piano et orchestre sur Lá ci darem la mano de Mozart, H (1827/8)
-3 Introduction et Polonaise pour violoncelle et piano, C (1829)
-4 Sonate pour piano N° 1, c (1828)
-5 Rondeau à la Mazur, F (1826/7)
-6 Quatre mazurkas, fis, cis, E, es (1830/2)
-7 Cinq Mazurkas, B, a, f, As, C (1830/2)
-8 Trio pour piano, violon, et violoncelle, g (1829)
-9 Trois Nocturnes, b, Es, H (1830/2)
-10 Douze Études (à son ami Franz Liszt) C, a, E, cis (dite "sol-fa-mi-ré-do"), Ges, es, C, F, f, As, Es, c (1830/2)(environ 15 minutes)
-11 Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi mineur (1830)
-12 Introduction et Variations brillantes sur « Je vends des scapulaires » de Ludovic d’Hérold, B (1833)
-13 Fantaisie pour piano et orchestre sur des airs polonais, A (1829)
-14 Rondeau à la Krakowiak pour piano et orchestre, F (1831/3)
-15 Trois Nocturnes, F, Fis, g (1831/3)
-16 Introduction et Rondeau, c (1829)
-17 Quatre Mazurkas, B, e, As, a (1831/3)
-18 Grande Valse brillante, Es (1833)
-19 Bolero, C (etwa 1833)
-20 Scherzo N° 1, h (1831/4)
-21 Concerto pour piano et orchestre n° 2 en fa mineur (1829/30)
-22 Andante spianato et Grande Polonaise brillante, Es (1830/6)
-23 Ballade N° 1, g (1835)
-24 Quatre Mazurkas, g, C, As, b (1833/6)
-25 Douze Études (à Mme la Comtesse d’Agoult) As, f, F, a, e, gis, cis, Des, Ges, h, a, c (1833/7)
-26 Deux Polonaises, cis, es (1831/6)
-27 Deux Nocturnes, cis, Des (1833/6)
-28 24 Préludes sur tous les tons (1838/9)
-29 Impromptu N° 1, As (etwa 1837)
-30 Quatre Mazurkas, c, h, Des, cis (1836/7)
-31 Scherzo N° 2, b (1835/7)
-32 Deux Nocturnes, H, As (1835/7)
-33 Quatre Mazurkas, gis, D, C, h (1836/8)
-34 Trois Valses, As, a, F (1831/8)
-35 Klaviersonate Nr. 2 b-moll (1839, environ 24 minutes)
-36 Impromptu No 2, Fis (1839)
-37 Deux Nocturnes, g, G (1837/9)
-38 Ballade N° 2, F (1839)
-39 Scherzo N° 3, cis (1839)
-40 Deux Polonaises, A (« Militaire »), c (1838/9)
-41 Quatre Mazurkas, cis, e, H, As (1838/9)
-42 Grande Valse, As (1839/40)
-43 Tarantell, as (1841)
-44 Polonaise, fis (1841)
-45 Préludes, (1838/39)
-46 Allegro de Concert (1832/41)
-47 Ballade N° 3, As (1841)
-48 Deux Nocturnes, c, fis (1841)
-49 Fantaisie, f (1841)
-50 Trois Mazurkas, G, As, cis (1841/2)
-51 Impromptu N° 3, Ges (1842)
-52 Ballade N° 4, f (1842)
-53 Polonaise, As (« Héroïque ») (1842)
-54 Scherzo N° 4, E (1842)
-55 Deux Nocturnes, f, Es (1843)
-56 Trois Mazurkas, H, C, c (1843)
-57 Berceuse, Des (1844)
-58 Piano Sonata N° 3, h (1844)
-59 Trois Mazurkas, a, As, fis (1845)
-60 Barcarolle, fis (1846)
-61 Polonaise Fantaisie, As (1846)
-62 Deux Nocturnes, H, E (1845/6)
-63 Trois Mazurkas, H, f, cis (1846)
-64 Trois Valses, (« Valse minute »), («Valse op. 64 no. 2») cis, As (1840/7)
-65 Sonate pour violoncelle et piano, g (1846/7)

Œuvres posthumes

-66 Fantaisie Impromptu n° 4, cis (vers 1843)
-67 Quatre Mazurkas, G, g, C, a (1830/49)
-68 Quatre Mazurkas, C, a, F, f (1830/49)
-69 Deux Valses, As, h (1829/35)
-70 Trois Valses, Ges, As, Des (1829/41)
-71 Trois Polonaises, d, B, f (1824/28)
-72.1 Nocturne, e
-72.2 Marche funèbre
-72.3 Trois Écossaises, D, G, Des (vers 1829)
-73 Rondeau pour deux pianos, C (1828)
-74 17 Chansons polonaises (1829/47)

Œuvres sans numéro d’opus

-Polonaise, B (1817)
-Polonaise, g (1817)
-Polonaise, As (1821)
-Introduction et variations sur une chanson allemande, E (1824)
-Polonaise, gis (1824)
-Mazurka, B (1825/26)
-Mazurka, G (1825/26)
-Variations pour piano à quatre mains, D (1825/26)
-Marche funèbre, c (1837)
-Polonaise, b (1826)
-Nocturne, e (1828/30)
-Souvenir de Paganini, A (1829)
-Mazurka, G (1829)
-Valse, E (1829)
-Valse, Es (1829)
-Mazurka avec partie vocale, G (1829)
-Valse, As (1829)
-Valse, e (1830)
-Czary avec partie vocale (1830)
-Polonaise, Ges (1830)
-Lento con gran espressione, cis (1830)
-Mazurka, B (1832)
-Mazurka, D (1832)
-Mazurka, C (1833)
-Cantabile, B (1834)
-Mazurka, As (1834)

Œuvres de circonstances publiées du vivant du compositeur, sans numéro d’opus

-Grand Duo concertant sur Robert le Diable de Meyerbeer pour violoncelle et piano, composé en collaboration avec A. Franchomme, E (1832/33)
-Trois études nouvelles pour la Méthode des Méthodes de Moschelès (1840)
-Mazurka composée pour la revue La France musicale surnommée Notre Temps (1841)
-Mazurka dédiée à Émile Gaillard (1841)
-Variation sur la Marche des puritains de Bellini, 6 variation de L'Hexaméron (1839)

L’héritage

Rareté des sources concernant Chopin

Il reste aujourd’hui très peu de la correspondance authentique de Chopin. Une grande partie de cette dernière a été perdue négligemment mais une anecdote historique ajoute à ces pertes, une autre plus dramatique. Lors d’un voyage sentimental en Pologne au printemps 1851, Alexandre Dumas fils aurait trouvé un dossier complet des lettres adressées par George Sand à Chopin. De retour en France, après avoir tout restitué à la romancière, celle-ci relut toutes ces lettres puis les détruisit par le feu. Le feu fut décidément néfaste au souvenir de Chopin puisqu’en 1863 l’incendie de l’immeuble de Varsovie où habitait Madame Barci?ska, la plus jeune sœur de Chopin, anéantit d’autres précieuses reliques. Par la suite, les seuls témoignages de Chopin (ses lettres) ont malheureusement fait l’objet de l’altération de leur premier éditeur : Maurice Karasowski (qui aura tout de même le mérite d’avoir recueilli vers 1860, des sœurs de Chopin, la tradition orale du foyer).

Chopin aujourd’hui

À noter qu'un concours international de piano portant son nom a lieu tous les cinq ans à Varsovie (le dernier en date est celui d'octobre 2005), où de nombreuses nationalités sont représentées. Ce concours réputé pour sa très grande difficulté a permis de révéler des pianistes comme Martha Argerich, Maurizio Pollini, Krystian Zimerman, Yundi Li ou encore Rafa? Blechacz. En 2004, la Société Chopin à Paris a organisé la reconstitution du dernier concert de Chopin à Paris. Le pianiste Maciej Pikulski a été choisi pour jouer le rôle-titre.

Voir aussi

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